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20 et 21 mai 1813 Bataille de Bautzen


Intro

La bataille de Bautzen () a lieu durant la campagne d’Allemagne de 1813.


La bataille de Bautzen appelée bataille de Wurschen sur l’arc de triomphe de l'Étoile* est une victoire française des troupes de Napoléon Ier remportée les 20 et 21 mai 1813 sur les troupes russo-prussiennes commandées par le général russe Wittgenstein. Malgré les effectifs très supérieurs de l’armée française et les mauvaises décisions de l’adversaire, Napoléon ne peut remporter qu’une victoire incomplète, alors qu’il était en mesure de remporter une victoire décisive. Elle a lieu dans le cadre de la guerre de la Sixième Coalition*.

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Après la désastreuse retraite de Russie, les coalisés reprennent les armes contre la France. Le 2 mai, les armées prussiennes et russes sont battues à Lützen*, mais les fortes pertes en cavalerie de la retraite de Russie ont empêché Napoléon d’en faire un succès complet, la poursuite n’ayant pu avoir lieu.

À partir du 11 mai, il passe sur la rive droite de l’Elbe. Ney, avec une armée composée des 2e, 3e, 5e, 7e corps d’infanterie et du 2e corps de cavalerie (soit 85 000 hommes), marche au nord, pour faire croire à une attaque sur Berlin ; l’armée principale, dirigée par Napoléon, rassemble les 4e, 6e, 11e et 12e d’infanterie, la Garde impériale et le 1er corps de cavalerie (120 000 hommes), et suit l’armée russo-prussienne.


Napoléon prépare son plan. Tandis qu’il attaquera les Coalisés de front, les corps de Ney, de Lauriston et de Reynier tourneront la ligne.


De son côté, Napoléon remet ses troupes en état jusqu’au 10 mai, en établissant des dépôts, notamment à Dresde*, en faisant construire plusieurs ponts sur l’Elbe*. Manquant de cavalerie, il a peu de renseignements.


Napoléon prépare son plan. Tandis qu’il attaquera les Coalisés de front, les corps de Ney, de Lauriston et de Reynier tourneront la ligne.


De son côté, Napoléon remet ses troupes en état jusqu’au 10 mai, en établissant des dépôts, notamment à Dresde*, en faisant construire plusieurs ponts sur l’Elbe*. Manquant de cavalerie, il a peu de renseignements.


À partir du 11 mai, il passe sur la rive droite de l’Elbe. Ney, avec une armée composée des 2ème, 3ème, 5ème, 7ème corps d’infanterie et du 2ème corps de cavalerie soit 85 000 hommes, marche au nord, pour faire croire à une attaque sur Berlin* ; l’armée principale, dirigée par Napoléon, rassemble les 4ème, 6ème, 11èmze et 12ème d’infanterie, la Garde impériale et le 1er corps de cavalerie soit 120 000 hommes, et suit l’armée russo-prussienne.

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Le général Wittgenstein commence par faire retraite sur la rive droite de l’Elbe.


Après quelques tergiversations des Prussiens qui veulent couvrir Berlin, l’armée prussienne se regroupe finalement avec les Russes sous l’impulsion de Frédéric-Guillaume à Bautzen du 10 au 13 mai, sous la protection de l’arrière-garde de Miloradowitch, qui retient le maréchal Macdonald.


les Russes sont délogés de leur position au combat de Godan*, le 15 mai. Néanmoins les Coalisés ont installé leurs 96 000 hommes sur une double ligne défensive près de la ville de Bautzen*.


Ils y sont rejoints le 16 mai par Barclay de Tolly. L’armée coalisée s’y fortifie, pour y donner bataille en forte position, tout en étant à proximité de l’Autriche, dont on attend l’entrée en guerre, et à même de recevoir des renforts russes.

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Le 19 mai, les Coalisés sont solidement établis sur la rive droite de la Sprée, de part et d’autre de Bautzen.


Le général russe a fait fortifier les collines autour de Bautzen : le but est de tenir là où Napoléon attaquera, et de contre-attaquer là où la pression sera moins forte avec les réserves de la Garde russe


Le corps de Miloradowitch tient la première ligne, de part et d’autre de Bautzen, avec sous ses ordres 25 000 hommes et les généraux Saint-Priest, Kleist et prince Eugène de Wurtemberg.


La position principale, soutenue par des retranchements et des redoutes, en arrière de Bautzen, est défendue par 40 000 hommes (dont 9 000 d’York, encore en chemin revenant du combat de Wartha. Les chefs de corps sont Kleist, Blücher, le duc d’York*. L’aile droite (9 000 hommes) est placée sur un terrain plat, entre la Sprée et une petite rivière, sans point d’appui, et commandée par Barclay de Tolly. La réserve est constituée de la Garde impériale russe.


Au total, le front est de 15 km. Bien que fortement défendue au centre et à droite (sauf à l’extrême droite), la ligne coalisée, trop longue et coupée de marais et d’étangs, est difficile à tenir face à des effectifs doubles. Wittgenstein compte donc attaquer dès qu’il le pourra. Les communications sont gênées en arrière ; son extrême droite, sans point d’appui, est son point faible.


Wittgenstein envoie Barclay de Tolly avec le duc d’York (22 000 hommes au total) pour détruire le 5ème corps français. Ce corps part à minuit, et rencontre dans l’après-midi, à Koenigswartha*, la division italienne commandée par le général Peyri, complètement surprise. Le général Peyri est fait prisonnier et les trois brigadiers sont tués. L’arrivée du maréchal Ney et du 5ème corps* (division Maison du corps de général Lauriston) qui affronte les Prussiens à Wartha*, empêche la destruction totale de la division italienne, qui perd 3 000 hommes. Ces combats durent jusqu'à onze heures et minuit. Sur leurs 12 000 soldats engagés, les coalisés perdent 3 500 hommes ; les Français perdent 5 000 hommes sur les 15 000 engagés dont 2 000 du 5ème corps.

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Napoléon décide de commencer la bataille le 20 mai : Ney, qui doit attaquer la droite de l’adversaire, arrive en position. Cela lui permet d’entamer les forces de l’ennemi dans la journée, avant de le tourner le lendemain et d’avoir l’après-midi pour poursuivre l’ennemi.


Le 20 mai, Napoléon attaque la gauche des Coalisés pour se relier à Ney. A 12h, Oudinot passe la Spree* et se heurte au corps de Miloradovitch.


Le corps de Kleist est repoussé. Macdonald prend le pont de Bautzen, mais est arrêté dans la ville. Le général Compans, à la tête de 15 voltigeurs, parvient à entrer dans la ville. Marmont s’empare du village de Burck*. La première ligne est prise, mais les Coalisés se sont repliés en bon ordre. Vers 20h00, Napoléon installe son quartier-général dans Bautzen.


Le lendemain matin, les corps de Oudinot, Macdonald, Marmont et Bertrand s’installent en position de bataille devant la 2ème ligne coalisée. Ils attendent que Ney débouche sur la gauche. Celui-ci prend le village de Klix* et avance vers Pretitz*. Mais il ne veut pas déboucher trop vite.


Son aile droite* (12e corps du maréchal Oudinot) attaque à midi ; le 11e mène l’assaut sur Bautzen, sans réussir ;


A 13h30, Napoléon lance le corps de Bertrand à l’assaut des positions des Coalisés. Mais Bertrand ne parvient pas à prendre contact avec le corps de Ney. Ce dernier, qui fait désormais face au corps de Barclay de Tolly, le repousse lentement. La cavalerie coalisée contre-attaque et arrête Ney.


A partir de 16h, Napoléon envoie tous ses corps afin de percer la ligne.

Les Français progressent. Blücher contre-attaque pour protéger sa retraite mais Napoléon envoie la Garde pour détruire son corps;


Le 6e corps de Marmont passe la Sprée, protégé par le feu de 60 pièces, et refoule le prince Eugène de Wurtemberg(vers 16 heures).


Devant la progression des Français, Wittgenstein ordonne le repli général vers 18h.


Sa division Compans pénètre alors à revers dans Bautzen, évacué en catastrophe par les Russes. Le 11e corps peut alors avancer.


Plus au nord, le 4ème corps de Soult est retenu toute la journée par Kleist, soutenu par Blücher. Seul le 23ème de ligne, de la brigade Morand, parvient à s’établir avec de l’artillerie sur la rive droite de la Sprée. Mais l’avancée du 6ème corps et la prise de Burck par la division Bonnet, oblige Kleist à faire retraite, et permet au 4ème corps de franchir la Sprée.


À la tombée de la nuit, le 12e corps occupe les points d’appui de l’extrême-gauche coalisée. L’état-major russe, dont le prince Alexandre, pensant que le danger principal vient de là, fait envoyer par Wittgenstein, 3 500 hommes de la réserve. Avec ce renfort, Miloradowitch repousse Oudinot, les combats durant jusqu’à 22 heures.


Au nord, l’armée de Ney a progressé, la division Souham ayant chassé un détachement russe du bourg de Klix*.


Au soir du 20, Miloradowitch occupe l’aile gauche fortifiée ; York et Blücher le centre et la droite, avec Kleist passé en réserve ; et Barclay, l’extrême-droite.

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Le plan de Napoléon le 2ème jour est alors de faire attaquer à droite les 12ème et 11ème corps, afin de distraire l’ennemi et d’y faire envoyer des renforts, de faire déboucher l’armée de Ney au Nord, qui prend à revers l’aile droite de Wittgenstein commandée par Blücher


Le centre* (partie du 11ème corps, les 6ème et 4ème corps, la cavalerie de La Tour-Maubourg, la Garde) attend face aux positions ennemies, trop puissamment défendues pour être emportées d’assaut sans de fortes pertes.

Napoléon a sûrement en mémoire les batailles de Lutzen* ou de La Moskowa* puis donnera l’attaque principale lorsque l’ennemi se verra tourné.


Napoléon voit tout le champ de bataille, sauf la partie Nord, où opère Ney, dont il est séparé par une heure et demie à cheval. Le point déterminant du plan, le débordement inattendu par l’aile droite de l’ennemi, repose entièrement sur Ney livré à lui-même.

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La journée commence selon ce plan : Ney dévale au nord, tandis qu’Oudinot attaque au sud, pas trop fermement. En conséquence, le tsar Alexandre 1er envoie 4 500 hommes de sa Garde en renfort, ne gardant que 11 000 hommes en réserve, dont moins de 6 000 fantassins, dès le début de la bataille. Miloradowitch repousse Oudinot, qui garde en réserve la division bavaroise. Les divisions Fressinet et Gérard, du 11ème corps, l’appuient, et limitent le recul.


Au nord, la division Maison est engagée assez tôt à Klix traversée par la division Souham du 3ème corps la veille, mais le général Lauriston ne l’appuie pas. Le 3ème corps, commandé par Ney, arrive alors en soutien (divisions Souham et Delmas), et repousse Barclay, qui demande du renfort, sans en obtenir. Il est alors défait par l’avancée des 3ème et 5ème corps. Alors que le plan prévoyait l’occupation de Preititz* à 11 h, dès 10 h la division Souham l’occupe. Le reste des corps Lauriston et Ney avance plus prudemment, ce qui oblige Souham à reculer devant Kleist, envoyé en renfort par Blücher.


Le centre français attaque à midi. Il progresse grâce aux positions en hauteur acquises la veille, puis vers 14 heures, il lance l’attaque à fond. Ney comprend qu’il est couvert, et qu’il peut attaquer. Mais il le fait faiblement. La retraite de Blücher, faite avant 15 heures, peut se dérouler en bon ordre. En effet, Ney appuie sur sa droite, et son 3ème corps suivi du 5ème se précipitent sur les positions libérées par Blücher, et sèment le désordre dans le 4ème corps de Soult.

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L’aile gauche coalisée commence à faire retraite vers 15 ou 16 heures, faiblement poursuivie par Oudinot, dont les forces combattent durement depuis 2 jours. Vers 17 heures, Ney attaque enfin dans le bon sens avec les 3ème, 5ème et 7ème corps, mais les Russes et les Prussiens avaient déjà entamé leur retraite, et ne sont donc pas débordés, et la cavalerie de La Tour-Maubourg ne peut jeter le désordre dans les carrés coalisés en ordre parfait.


Sur ces 2 jours, les coalisés perdent environ 17 000 hommes, contre 15 000 aux Français. Avec les engagements du 19, les pertes sont équilibrées à 20 000 hommes de part et d’autre.


Mais, la retraite des Coalisés n’étant pas coupée, ils peuvent se replier en bon ordre.


L’objectif de Napoléon - détruire les forces coalisées - n’est pas atteint.


La Poursuite commence le lendemain (si on excepte les combats de nuit entre postes des deux camps, restés mêlés après la bataille).


Depuis la campagne de Russie, la France manque de cavalerie. Le 22 mai, a lieu la bataille de Reichenbach* : elle oppose le 7ème corps de Reynier, la Garde impériale française et le corps de cavalerie de Latour-Maubourg au corps du prince Eugène de Wurtemberg. C’est une faible victoire française, marquée par la mort à l’état-major des généraux Duroc et Kirgener du Planta, chef d’état-major du génie de la Garde, tués par un boulet perdu à quelques mètres de l’Empereur. Quelques minutes avant, le général Bruyères avait eu les deux jambes emportées par un boulet.


Le 25 mai, Wittgenstein est relevé de son commandement et placé à la tête d’un corps d’infanterie. Il est remplacé par Barclay.


Le 26 mai, la division Maison est battue par la cavalerie du général Ziethen dans une embuscade à Haynau.


Un armistice est conclu le 2 juin pour sept semaines.

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La bataille de Reichenbach le 22 mai 1813


Elle se déroula le 22 mai 1813, et opposa l'armée française de Napoléon 1er aux forces russes du prince Eugène de Wurtemberg, et se solda par une victoire française.


"Sans cavalerie, les batailles sont sans résultat" ! C'est un dicton de l'Empereur Napoléon 1er, qui n'a jamais trouvé meilleure illustration qu'au printemps 1813. 2 fois vainqueurs, au prix de très lourdes pertes, les Français se voient 2 fois privés des fruits de leur victoire par la nombreuse cavalerie des Prusso-Russes, qui permet à ces derniers de retraiter en ordre.


la cavalerie française n'a pas survécu à la campagne de Russie et si l'Empereur a pu "remplacer" les hommes, et même les canons, il n'a pu improviser des chevaux. D'autant que, ayant augmenté la proportion d'artillerie pour soutenir ses trop jeunes soldats et pallier au manque de cavalerie, il a en rapport aggravé la pénurie relative de chevaux car qui dit plus de canons dit plus de chevaux pour les atteler, eux et leurs caissons de munitions, et donc moins de chevaux pour la cavalerie.


Résultat, à l'ouverture de la campagne, fin avril 1813, la cavalerie française est comme inexistante en tant que force opérationnelle, et cela pèsera lourd sur l'issue des combats. Les Coalisés sont informés de tous les mouvements des Français alors que ceux-ci sont "aveugles" et obligés de marcher avec circonspection sous peine d'être "punis" à la moindre faute, comme le seront la division Peyri à Königswartha le 19 mai et la division Maison à Haynau le 26.


Libres de leurs mouvements, les Prusso-Russes peuvent se permettre de perdre des batailles sans pour autant perdre la guerre. Que les Français en perdent une seule et les conséquences seront gravissimes, fatales peut-être. Ils les gagnent pourtant, mais pour rien ou presque. Le seul résultat tangible est la reprise de confiance des soldats et la restauration du prestige de l'Empereur. Ce dernier ne décolère pas pour autant de voir ses belles combinaisons déjouées. L'ennemi s'échappant du piège de Bautzen que Neÿ n'a pu ou su refermer sur lui, Napoléon décide de prendre lui-même la direction de la poursuite, afin de montrer à ses généraux comment il faut faire.


Après les victoires à Lützen* et Bautzen*, les Alliés se replient sur l'Oder*, poursuivis par les Français. Des petits corps d'armée coalisée sont disposés afin de retarder la progression des forces napoléoniennes. Le prince Eugène de Wurtemberg prend position avec ses soldats autour du village de Makersdorf*, non loin de Görlitz*. Il est rejoint par l'Empereur le 22 mai 1813 qui décide de livrer bataille

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Le combat de Reichenbach


Le lendemain du combat de Wurschen*, le 22 mai, à 4 heures du matin, l’armée française se mit en mouvement pour suivre l’ennemi sur les 2 routes par lesquelles il avait effectué sa retraite.


Le douzième corps seul resta dans les environs de Nieder-Kayna* pour observer les mouvements du corps de Bulow, qui, après avoir abandonné le blocus de Magdeburg*, s’était retiré sur Berlin* avec le corps russe de Woronzow, pour couvrir cette capitale.


L’aile droite de l’armée combinée se porta par la route de Weissenberg* à Reichenbach*. Elle suivit le chemin de Menzelsdorff, Kœnigshayn*, Ebersbatch* et Ludwigsdorf*, où elle passa la Neisse* et prit position. L’aile gauche vint de Lobau* à Reichenbach, passa la Neisse à Gorlitz*, où elle prit également position.

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Miloradowitch, formant l’arrière-garde de l’armée russe, ayant déployé ses troupes sur les hauteurs entre Reichenbach et Markersdorf, l’Empereur Napoléon envoya contre lui le septième corps, qui n’avait pas donné la veille, et il le fit soutenir par la cavalerie du général Latour-Maubourg. Le combat s’engagea d’abord très vivement sur tout le front du septième corps.


L’ennemi ayant ensuite fait avancer quelque cavalerie dans la plaine de Reichenbach, l’Empereur la fit charger par les lanciers polonais et par les lanciers rouges de la garde. La cavalerie russe fut forcée de plier, mais Miloradowitch la fit soutenir par les divisions qui lui restaient.


L’Empereur, de son côté, fit avancer le corps de Latour-Maubourg. Après plusieurs charges brillantes exécutées par les cuirassiers français et par la cavalerie saxonne, l’arrière-garde russe fut décidément enfoncée et forcée de quitter le champ de bataille.


Le général Reynier suivit l’ennemi jusqu’au village de Heltendorf*. Dans cette affaire, le général Bruyères, officier de cavalerie de la plus haute distinction, eut les 2 jambes emportées d’un coup de canon.


A la fin de l’action, un boulet ennemi vint frapper sur une hauteur en arrière du septième corps, le grand-maréchal du palais, Duroc, et le général de génie Kirgener. Ce dernier fut tué sur le coup, le maréchal Duroc survécut encore 12 heures. L’Empereur Napoléon perdit en lui un sujet dévoué et un ami fidèle


Un écrivain allemand, qui, sous les dehors de l’impartialité, laisse souvent percer des dispositions peu favorables à Napoléon, rapporte le fait suivant, sous la date du 10 août, au moment de la rupture de l’armistice, et 2 mois et demi après la mort du grand maréchal :


« Pendant la marche de Reichenbach à Gorlitz, Napoléon s’arrêta à Markersdorff, et montra au roi de Naples l’endroit où Duroc était tombé. Il manda la propriétaire de la petite ferme où le grand-maréchal était mort, et lui assigna la somme de 20 000 francs, dont 4 000 francs pour un monument en l’honneur du défuut, et 16 000 francs pour le propriétaire de la maison, mari et femme. La donation fut accomplie dans la même soirée en présence du curé et du juge de Markersdorf. L’argent fut compté devant eux, et ils furent chargés de faire ériger le monument ».


Cette affaire accessoire fut accélérée avec tout l’empressement et toute l’exactitude possibles, par un adjudant et par quelques individus de la maison de Bonaparte, au milieu de l’embarras et des mouvements du quartier-général.

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Campagne d’Allemagne.


Bataille de Dresde, les 26 et 27 août 1813.


Intro :


Napoléon est lancé à la poursuite de Blücher qui a dû se replier après les combats de Lowenberg* et de Goldberg*. L’Empereur apprend alors que l’armée de Bohême, commandée par Schwarzenberg et dirigée par le tsar Alexandre 1er en personne, avance vers Dresde*. Napoléon fait volte-face et revient affronter les Austro-russes devant la capitale de la Saxe. Napoléon détache le corps de Vandamme vers Pirna*.

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Dans la matinée du 26 août, les 90 000 Austro-russes se présentent devant Dresde. Schwarzenberg veut prendre d’assaut la ville. Barclay de Tolly attaque sur la droite et les Autrichiens par la gauche. Le général Moreau, qui se tient auprès du tsar, juge l’attaque trop molle.


Vers 10h, Napoléon arrive dans la ville. Il établit immédiatement la défense en déployant les 3 divisions du corps de Gouvion-Saint-Cyr en avant des murs de la ville. Les 3 divisions résistent aux attaques austro-russes. A 13h, 2 divisions de la Jeune Garde* et la cavalerie de Latour-Maubourg arrivent dans la ville. Les 2 divisions de la Jeune Garde attaquent les flancs des Coalisés pour les obliger à reculer.


Entretemps, les Coalisés* ont reçu le corps de Klenau en renfort. Ils lancent une attaque vers 15h. Les colonnes d’assaut bousculent les Français et parviennent aux portes de Dresde. Napoléon envoie alors la Vieille Garde* et la cavalerie de Murat qui repoussent les Coalisés.


Les Coalisés se replient sur leurs positions de départ. Ils se préparent à un nouvel assaut pour le lendemain. Le combat cesse avec la nuit, vers 21h. Napoléon prépare la journée suivante. Avec les renforts reçus, il dispose maintenant de 95 000 hommes. Il remarque que les Autrichiens, sur sa droite, sont séparés du reste des coalisés par un ravin. Il décide donc de porter son effort de ce côté, en faisant charger la cavalerie de Murat et le corps de Victor. Marmont et la Garde tiendront le centre, tandis que Gouvion-Saint-Cyr contiendra les Russes sur la gauche.


Les Coalisés ont formé trois colonnes : à droite les Russes de Wittgenstein, Miloradovitch et Barclay de Tolly, au centre les Autrichiens de Colloredo et les Prussiens de Kleist, et la gauche avec les Autrichiens de Klenau et de Liechtenstein.


La matinée reste calme, du fait du brouillard. Vers 11h, la droite française attaque les Autrichiens de Klenau. La cavalerie de Murat bouscule les première ligne autrichiennes. Le corps de Victor détruit les régiments autrichiens, désorganisés par la charge de la cavalerie française. Au centre, les deux camps échangent des feux d’artillerie. Dans ce duel, le général Moreau, qui se tenait près du tsar, est mortellement blessé.


Napoléon lance la Jeune Garde sur l’aile gauche pour contraindre les Coalisés à reculer par la route de Maxen*. Les corps russes, autrichiens et prussiens se replient pas à pas. Mais, vers 15h, les Coalisés se décident à battre en retraite : les munitions manquent et leur gauche est entièrement anéantie. Ils réalisent alors que leur route est coupée, car Vandamme tient Pirna, leur voie de retraite principale. Les Coalisés doivent alors retraverser les montagnes de Bohême, poursuivis pas les Français. Les pertes alliées sont de 27 000 hommes ; les pertes françaises s’élèvent à 8 000 hommes.

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La bataille des Nations


Le 16 octobre 1813 commence la «bataille des Nations», près de Leipzig*, au cœur de l'Allemagne.

Pendant 3 jours, la Grande Armée de Napoléon 1er, forte de 190.000 hommes, dont une moitié de non-Français, va affronter les Alliés, au nombre de 300.000.


Parmi ceux-ci figurent les Suédois commandés par l'ancien maréchal Bernadotte, un soldat de la Révolution devenu prince héritier de Suède en 1810 et deviendra roi de Suède en 1818.

Au prix de très lourdes pertes et grâce à la défection inopinée des Saxons* et des Wurtembergeois* qui abandonnent le camp français le 18 octobre, les Alliés vont avoir raison de Napoléon 1er.


La Grande Armée arrive à se replier en franchissant un unique pont sur l'Elster*, non sans laisser 30.000 hommes aux mains de l'ennemi et 50.000 hommes tués ou blessés. Parmi ces derniers le maréchal Poniatowski, noyé.


Les Alliés ont eux-mêmes 60.000 pertes. L'empereur, dont c'est la première grande défaite, est obligé d'abandonner l'Allemagne et de se replier en France.


16-19 octobre 1813 Bataille de Leipzig


La Bataille des Nations, comme on l’appelle, est la première grande défaite de Napoléon. Elle a lieu pendant la campagne d’Allemagne, dite aussi campagne de Saxe. Elle ouvre la route de la France aux Coalisés.


Les Coalisés ont un plan : foncer sur Leipzig afin de prendre l’armée française dans un étau. Napoléon, lui, veut concentrer ses forces afin de battre les deux armées coalisées l’une après l’autre, comme à Castiglione*.

Les Coalisés sont répartis en deux groupes : au Nord, Blücher et Bernadotte, avec environ 100 000 hommes; au Sud, Schwarzenberg et les 140 000 hommes de l’Armée de Bohême. Ils attendent des renforts dans les jours suivants.


Les Français disposent d’environ 96 000 hommes. Une partie, sous les ordres de Ney, doit défendre au nord contre Blücher, tandis que Napoléon concentre ses corps d’armées au sud afin de défaire l’armée de Schwarzenberg.


Le 16 octobre, vers 8h, l’Armée de Bohême commence son mouvement. Napoléon se trouve dans la bergerie de Meusdorff* et observe les mouvements. Il voit 3 colonnes principales, l’une le long de l’Elster, la seconde contre Wachau*, et la troisième vers Liebert-Wolkwitz*. Les colonnes de l’Armée de Bohême sont appuyées par 200 canons. Les Coalisés sont alignés comme suit : à la droite des Français, le général Kleist, le prince Auguste de Prusse, des bataillons russes et les cuirassiers de Levachoff; au centre, la colonne de Eugène de Wurtemberg et la division Klüx; enfin à la gauche des Français, la colonne de Gorchakow et la division prussienne de Pirch.


Kleist attaque Mark-Kleeberg*, tenu par les 8 000 hommes de Poniatowski. Poniatowski doit se replier devant la pression des 19 000 Coalisés. Augereau appuie Poniatowski avec son artillerie. Kleist poursuit alors vers Costervitz*.


Schwarzenberg fait passer la réserve autrichienne sous les ordres du prince de Hesse Hombourg*. Ce corps s’installe sur la rive droite de la Pleisse, devant le village de Cröbern*. Eugène de Wurtemberg et la division prussienne de Klüx se présente devant Wachau. Klenau arrive devant le village de Störmhal*. Les Coalisés sont soumis au feu de près de 300 pièces d’artillerie, mais continuent à avancer, obligeant Napoléon à reculer.


Après avoir pris Markleeberg*, Klenau avance vers Dölitz*, mais il est arrêté de front par les troupes de Poniatowski et chargé par la cavalerie de Milhaud. Les autres villages sont pris et repris par les Français et les Coalisés.

Vers 12h, Napoléon tient les villages suivants : Liebert-Wolkwitz* où se trouve Lauriston avec le Vème corps; Dölitz, tenu par Poniatowski, et Wachau, tenu par le duc de Bellune*. Les Coalisés ont perdu environ 12 000 hommes, et les Français 6 000. Blücher arrive au nord en ligne de bataille. Il rencontre Marmont qui tient la ligne entre Mockern* et Eusteritz*. Des aides de camp demandent à Napoléon les 2 divisions de Souham.


Dans la zone de Lindenau*, Bertrand est attaqué par Giulay. Macdonald attaque et débouche par Holzhausen*. Napoléon juge que c’est le moment d’une contre-attaque. Il donne l’ordre à Oudinot de marcher sur Wachau avec 2 divisions de la Jeune Garde et à Mortier d’avancer vers Liebert-Wolwitz* avec deux autres divisions afin de prendre le bois sur la gauche du village.


Voyant l’attaque de Napoléon, les Coalisés suspendent l’attaque dans la zone entre l’Elster et la Pleisse et envoie des renforts vers Wachau. 32 pièces de l’artillerie de la Garde soutiennent l’attaque des 4 divisions de la Jeune Garde. Mortier avance, sort de Liebert- Wolkwitz et repousse Gortchakow vers Guden-Gossa*. Rajewski vient soutenir Gortchakow avec les grenadiers de réserve. Macdonald, attaqué par Klenau, doit reculer devant le feu de l’artillerie coalisée qui est embusquée dans la redoute dite des Suédois*. Macdonald envoie la division Charpentier pour masquer la redoute qui est enlevée par le 22ème léger.


Murat reçoit dans son quartier-général des propositions des Coalisés : s’il quitte l’armée de Napoléon, son trône de Naples lui sera conservé. Murat envoie un messager répondre qu’il accepte. Mais, lorsque vers 15h, il reçoit l’ordre de concentrer sa cavalerie, il n’hésite pas à charger les lignes coalisées.


10 régiments de cuirassiers sont envoyés entre Wachau et Mark-Kleeberg. Près de 12 000 cavaliers chargent. Pajol est blessé à la tête de sa brigade. Une contre-charge des Coalisés oblige la 1ère brigade à se replier. Mais la 2ème brigade poursuit l’attaque et détruit la position coalisée. Manquant de soutien sur sa droite, elle subit l’assaut des cosaques de la Garde russe et doit se replier avec d’importantes pertes. Dans le même temps, les lanciers de la Garde et les dragons de la Garde, conduit par Letort, chargent à droite de Wachau. Il semble que le centre coalisé peut être détruit.


Mais apparaissent alors les réserves autrichiennes qui traversent la Pleisse : il s’agit de la cavalerie de réserve de Nostitz, les troupes du prince de Hesse-Hombourg et la division du maréchal Bianchi. Ils sont suivis par la Garde russe et les grenadiers autrichiens de Weissenwolf. La mêlée est générale. Rajewski est tué au milieu de son corps. Latour-Maubourg perd une cuisse, emportée par un boulet et le général Maison est blessé. Les Français conservent quand même le terrain. Le général Troubeskoï parvient à rallier le corps de Rajewski et la cavalerie de Nostitz, et attaque les Français de flanc. La cavalerie de la Garde russe, hussards et cosaques, attaque une batterie d’artillerie de la Garde. Elle est repoussée par les pièces mises en carré par Drouot.


La situation reste indécise. Les Français tiennent leurs positions : Victor à Avenhayn* ; l’aile Lauriston et la cavalerie de Milhaud à l’aile gauche. Kleist ne parvient toujours pas à déboucher de Mark-Kleeberg.


Les Coalisés font relever leurs troupes. Ainsi, Bianchi relève le corps de Kleist. Napoléon fait alors renforcer le corps de Poniatowski par la division Curial de la Vieille Garde. Celle-ci attaque le village de Dölitz et parvient à le reprendre. Près de 1 200 hommes sont faits prisonniers, dont le général autrichien Merfeldt.


Vers 17h, Napoléon veut reprendre le village de Gulden-Gossa. Le général Maison, déjà blessé, entre dans le village suivi par Mortier. Barclay de Tolly, voyant le danger, envoie la division prussienne de Pirck et la Garde russe. Les deux unités reprennent Gossa. La situation reste là ; la canonnade dure jusqu’à 18h.


Au nord, Ney doit tenir devant la pression de Blücher. Il ne dispose que du VIème corps (divisions Compans, Joseph de La Grange et Friedrichs), de la division d’obervation de Dombrowski (2 régiments d’infanterie, 2 régiments de lanciers) et du IIIème corps de cavalerie (divisions Jaquinot, Fournier et Lorge), soit 20 000 hommes, et de la division Delmas en réserve forte de 5 000 hommes.

Blücher, entendant le canon au sud, force la marche. Il arrive vers 11h en vue de Leipzig et se heurte au VIème corps de Marmont. Il attaque le village de Möckern*, point clé de la bataille du nord. Le 2è régiment de marine perd et reprend le village plusieurs fois. Devant la pression prussienne, Marmont fait effectuer un changement de front par brigade. Le 37ème léger et le 4ème de marine sont envoyés en défense du village. Au bout de trois heures de combat, Blücher n’est pas parvenu à déboucher. Les pertes sont lourdes. Les caisson de la batterie principale de Marmont explosent sous le feu de l’ennemi. Une nouvelle attaque française pour dégager la position est entreprise par les 20ème et 25ème provisoires, soutenus par le 37ème léger.


La cavalerie prussienne charge alors les positions françaises avec 6 000 cavaliers, mais le front ne cède pas. La division Delmas arrive en renfort. La cavalerie wurtembourgeoise charge les positions prussiennes, mais se replie rapidement en semant la panique dans les lignes françaises. Blücher envoie le corps de Sacken dans le trou. La division Compans doit se replier. Le corps de Marmont a tenu près de 6 heures à la pression prussienne.


Au soir, Ney informe Napoléon qu’il doit se replier derrière la Partha*. Les 25 000 Français ont résisté à quelques 60 000 Coalisés. Les pertes prussiennes sont de l’ordre de 10 000 hommes.


Dans la zone de Lindenau*, le général Margaron, qui commande la ville de Leipzig, doit résister à une attaque sur ses arrières. L’attaque est menée par le corps de Giulay (15 000 hommes), le corps franc de Thielmann (3 000 hommes) et la division Lichtenstein (5 000 hommes). La cavalerie de Thielmann lance la première attaque soutenue par la division Lichtenstein. Il parvient, avec le soutien d’attaque de flanc, à prendre les 2 villages de Leutsch* et de Plagwitz*, sous le bord de l’Elster. Après cette attaque, les Coalisés voient la division Morand en ordre entre Lindenau et Leipzig. Ils suspendent leur attaque. Bertrand lance alors ses réserves et oblige les Coalisés à se replier.


A la fin de la journée, l’Armée de Bohême n’est pas détruite. Le reste des forces françaises a maintenu ses positions, mais la pression des Coalisés est de plus en plus forte. Les Coalisés peuvent encore attendre des renforts, Bernadotte au nord, Colloredo qui est à Borna*, et Benningsen à Naumhorf*, tandis que Napoléon attend le corps de Reynier (15 000 hommes), mais composé de Saxons peu sûrs.


Pour sa conduite dans la défense de Dölitz, Napoléon élève Poniatowski à la distinction de maréchal sur le champ de bataille. Durant la journée, près de 80 000 coups de canon ont été tirés. Les pertes françaises sont de l’ordre de 27 000 hommes, celles des Coalisés de 40 000 hommes.


Napoléon commence la journée du 17 octobre en reconnaissant le champ de bataille. Les Coalisés attendent l’arrivée du corps de Benningsen pour reprendre le combat. L’Empereur des Français considère qu’il faut se replier. Mais il doit attendre le corps de Reynier et ne peut abandonner les 170 000 hommes qui tiennent encore des places fortes en Allemagne. Un combat oppose au nord la cavalerie de Blücher avec celle d’Arrighi.


Au début de l’après-midi, Napoléon demande à voir le général autrichien Merveldt, capturé la veille. Ce dernier était venu demandé l’armistice de Leoben en 1797. Napoléon lui fait des propositions de paix : il consent à rendre le Hanovre, en échange des colonies françaises, et les villes Hanséatiques. Merveldt lui demande également la Hollande, mais Napoléon refuse. Napoléon propose également une suspension d’armes, pour pouvoir discuter de la paix. Merveldt demande alors que les Français se retirent jusqu’au Rhin. Merveldt est conduit aux avants-postes alliés, afin de faire part des propositions de Napoléon.


Benningsen laisse le corps de Tolstoy devant Dresde et avance vers Leipzig. Le corps de Colloredo et la division Bubna arriveront également dans la journée. Bernadotte promet d’intervenir si on lui laisse une journée de plus.


Le 18 octobre, Napoléon décide de replier ses armées de 2 lieues afin de se rapprocher de Leipzig. Ney doit installer ses corps en face de Blücher sur la Partha, le VIème corps (Marmont) à Schönfeld*, les IIIème (Ney) et VIIème (Reynier) le long de la Partha. Arrighi et Dombrowski tiennent les faubourgs de Leipzig. Le quartier général de Ney est à Reidnitz*.

Le général Bertrand (IVème corps) tient la zone de Lindenau et la ligne de retraite des armées françaises. Bertrand est relevé par deux divisions de la Garde commandé par Mortier. Napoléon revient ensuite à son quartier général de Stoertlitz.


Vers 8h, l’attaque des Coalisés commence. La colonne de droite est constituée des corps de Klenau et de Benningsen. La deuxième est sous les ordres de Barclay de Tolly, avec les corps de Kleist et de Wittgenstein, avec en réserve la garde russe et la garde prussienne. La troisième colonne est commandée par le prince de Hesse-Hombourg, composée des divisions de Bianchi, du prince Aloys de Lichtenstein, du comte Weissewolf et du comte Nostitz. La division de Colloredo est en réserve. Chaque colonne est forte de 50 000 à 60 000 hommes, sauf celle de Benningsen forte de 70 000 hommes. Napoléon ne dispose que de 80 000 hommes dans la zone.


Le corps de Poniatowski, fort de 7 000 hommes, arrête les avant-gardes des Coalisés à Dosen*. Au centre, les Russes arrivent au village de Probstheyda*, tenu par Murat, Augereau, Victor et Lauriston.


A gauche, Klenau, Benningsen et Platow tentent de déborder le corps de Macdonald* (XIème corps). Macdonald se replie et s’établit à Stoertteritz* et résiste aux assauts des Coalisés. Oudinot est envoyé en soutien de Poniatowski. Le prince de Hesse-Hombourg parvient à prendre Dölitz, mais il en est expulsé. La supériorité numérique des Coalisés oblige Poniatowski et Oudinot à se replier sur Connewitz*. La cavalerie mène des contre-charges, et deux divisions de la jeune Garde soutiennent le repli.


Le centre de la bataille se situe dans le village de Probstheyda. Les Autrichiens tentent de prendre le village d’assaut, appuyés par la division prussienne de Klüx, de Pirch et du prince Auguste. Drouot établit l’artillerie de la Garde dans le village et pilonne les colonnes qui l’attaquent. Mais les Coalisés réussissent à prendre pied dans le village. Victor lance alors ses divisions en contre-attaque et reprend la position. Napoléon le soutient avec les divisions Friant et Curial de la Vieille Garde et le corps de Lauriston.

Les 3divisions prussiennes réattaquent la position de Probstheyda et entrent de nouveau dans le village, avec le soutient de la division Ziethen. Mais, les tirs d’artillerie et les attaques françaises obligent les forces coalisées à se replier avec de lourdes pertes.


Bernadotte débouche au nord. Il a franchi la Partha avec 30 000 hommes. Blücher attaque en même temps dans la zone de Schönfeld. Marmont se replie devant lui. De plus, la cavalerie légère de son corps, constituée de Wurtembourgois et commandée par Normann, passe à l’ennemi. Puis, la cavalerie saxonne charge, mais au lieu d’attaquer les Coalisés, elle se retourne contre les Français. Enfin, les 2 divisions d’infanterie saxonnes, qui attaquaient en compagnie de la division Durutte, en direction de Paundorf* se retournent contre ses anciens alliés. Seul 500 Saxons restent dans les rangs français. Reynier est obligé d’abandonner Paunsdorf et de se rapprocher de Marmont. La division Delmas vient remplir l’intervalle abandonné par les Saxons. Bernadotte masse 150 canons pour appuyer son attaque.


Marmont manque de munitions. Il doit se replier face à la pression des Suédois et de l’armée de Blücher. L’aile gauche tient toujours, et le village de Schönfeld est pris et repris 7t fois. Marmont est au centre de la division Compans. Le général Richemont, son chef d’état-major, est tué. Le général Levasseur est grièvement blessé. Marmont lui même est blessé d’un coup de fusil à l’épaule. La division Ricard parvient quand même à reprendre le village de Schönfeld. Mais les Français ne sont que 28 000 face à 90 000 Coalisés.


Bernadotte attaque les positions françaises, appuyé notamment par des fusées Congrève. Les pertes sont lourdes et il atteint Reudnitz*, à 2 kilomètres de Leipzig. Napoléon envoie la division de cavalerie de la Garde, avec 20 pièces d’artillerie. Les charges de la cavalerie de la Garde contre les forces coalisées attaquant le long de la Partha ralentissent leurs assauts. La Vieille Garde intervient alors pour boucher la position. Dans le nord, Marmont et Ney tiennent toujours le village de Schönfeld qu’ils ont repris une 8ème fois.


A la fin de la journée, les Français ont reculé partout, mais ne se sont pas écroulés. Les pertes françaises ont été très lourdes. Les rapports sur la consommation d’artillerie sont accablants : 95.000 coups ont été tirés, il n’en reste que 16.000. En 3 jours, quelques 220.000 coups d’artillerie ont été tirés. Dès le début de la soirée, Napoléon décide de décrocher vers Erfurt*. Les bagages et les trains d’artillerie sont évacués dès le début de la soirée.


Le VIIème corps* (division Durutte) a ordre de défendre les faubourgs de Halle*, avec le soutien de la division Dombrowski. Marmont doit défendre l’est de la ville avec le VIème corps et une division du IIIème corps. Enfin, les corps Lauriston et Poniatowski doivent défendre le sud de la ville. Napoléon envoie des émissaires dans les places fortes, et notamment Dresde*, pour que les garnisons évacuent les villes. Dans la nuit, les corps ne servant pas à la défense de la ville commencent à évacuer.


Au matin du 19 octobre, Napoléon demande à Mortier de se diriger rapidement vers Lützen* avec les 2 divisions de cavalerie légère et une division d’infanterie. Il rencontre Poniatowski : «Prince, vous défendrez les faubourg du midi». «Sire, j’ai bien peu de monde», répond le maréchal. «Eh bien ! vous vous défendrez avec ce que vous avez». «Ah Sire, nous tiendrons ! Nous sommes tous prêts à périr pour votre Majesté».


Vers 9h, Napoléon vient voir le roi de Saxe pour lui faire ses adieux. L’Empereur conseille à se dernier de négocier avec la Coalition. Les forces françaises défendent les faubourgs de Leipzig, afin de permettre le repli de l’ensemble de la Grande Armée. Le VIème corps est en réserve dans les vergers derrière la barrière de Schönfeld ; la division Marchand du corps de Marmont défend la porte de Halle ; la division Ricard défend la porte de Schönfeld*, se liant au XIème corps qui défend la porte de Dresde. La défense est acharnée, mais les Coalisés avancent par le sud.


La division du prince de Hesse-Hombourg presse Poniatowski dans les faubourg de la Perters-Thor*, et les divisions de Kleist et de Wittgenstein attaquent la barrière de Windmühlen. Klenau et Benningsen sont devant la barrière de l’hôpital. Les Français sont acculés. Le général Girardin est chargé de demander à Macdonald d’envoyer une de ses divisions à Augereau. Mais il ne peut envoyer qu’une brigade hessoise, qui se tourne contre les Français. Les lignes françaises sont désorganisées. Une partie des troupes se retire par l’unique pont, dans une grande confusion.


Napoléon quitte Leipzig. Il donne à Macdonald le commandement des VIIème, VIIIème et XIème corps avec ordre de tenir la vieille ville pendant au moins 24 heures. Napoléon s’installe à Lindenau*. Le pont a été miné par les Français, mais une manoeuvre hâtive fait que ce dernier est détruit avant que les dernières troupes françaises aient pu le franchir. Il reste dans la ville les débris du corps de Reynier, de Poniatowski et de Lauriston.


Le maréchal Poniatowski, blessé deux fois, tente de s’enfuir à la nage avec une partie des Polonais de son corps. Il se noie dans l’Elster. Augereau et Victor passent la rivière sur un pont de fortune. Macdonald parvient également à s’enfuir par ce pont, alors qu’il est pris à parti par des tirailleurs coalisés. A 14h, les combat cessent. Près de 80 canons et 12 000 hommes sont restés sur la rive droite de l’Elster aux mains des Coalisés. Le roi de Saxe est prisonnier de guerre.


Les pertes françaises s’élèvent à 20 000 tués dont le maréchal Poniatowski, les généraux Vial, Rochambeau et Delmas. Les maréchaux Ney et Marmont, les généraux Souham, Compans, Latour-Maubourg, Maison, Frederics ont été blessés. Les généraux Lauriston et Reynier, et les généraux de division Charpentier, Rosniki, le badois Hochberg, le prince de Hesse-Darmstadt, les généraux de brigade Aubry, Bertrand, Dorsenne, Etzko, Coulomy, Bronikoski, Malakowski et 23 000 hommes sont faits prisonniers. Au total les Français ont perdu près de 50 000 hommes.


Les Coalisés ont perdu 35 000 tués et 45 000 blessés. Le général autrichien Giffeng, les généraux russes Schewitz, Neweroski, Revren, Linders, Hume, Mantufels et Kodaisen ont été tués.


Dans la nuit, les Français passent le col de Lindenau. Il ne reste que 60 000 hommes, composés en grande partie de la Garde et des corps de cavalerie.


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Fin du 1er Empire: La campagne de France*

introduction

L'épopée guerrière de Napoléon 1er, soit une dizaine d'années de guerres presque ininterrompues, se termine provisoirement en 1814 par la campagne de France et les émouvants adieux de Fontainebleau*...

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Les Alliés franchissent le Rhin et les Pyrénées


Après la bataille des Nations*, près de Leipzig*, au coeur de l'Allemagne, du 16 au 19 octobre 1813, Napoléon 1er et ses troupes se préparent à une invasion du territoire français pour la première fois depuis une vingtaine d'années !


Assaillis de tous côtés, ils doivent faire face à une 6ème coalition qui rassemble pratiquement toute l'Europe, de l'Angleterre à la Russie en passant par la Prusse, l'Autriche, la Suède et les États allemands.


Sur les Pyrénées, le général anglais Arthur Wellesley agé de 44 ans progresse depuis le Portugal. Ses exploits face aux maréchaux de Napoléon lui ont valu d'être anobli avec le titre de marquis et plus tard duc de Wellington*.


Après sa victoire de Vitoria*, dans le Pays basque*, le 21 juin 1813, il oblige les Français à repasser les Pyrénées et les franchit lui-même le 8 octobre 1813, à la poursuite du maréchal Soult.


Au nord, les armées alliées, au nombre de 3, se disposent à franchir le Rhin*. Craignant toujours les coups de griffe de Napoléon et divisées sur les buts de guerre, elles ne s'y décident qu'après que les Hollandais aient chassé les Français et acclamé le retour de leur ancien souverain, le prince d'Orange*.


L'armée du nord entre en Belgique sous les ordres du Français Jean-Baptiste Bernadotte, un maréchal d'Empire passé dans le camp ennemi avec le titre de prince héritier de Suède, assisté du Prussien Frédéric-Guillaume von Bülow.


Bernadotte caresse l'espoir que les Alliés lui offriront le gouvernement de la France après la chute de Napoléon. Il veut éviter d'avoir à tuer des Français pour ne pas gâter ses chances et ralentit en conséquence sa marche.


L'armée de Silésie est commandée par le feld-maréchal prussien Gebhard von Blücher, une vieille connaissance des Français, assisté du chef d'état-major August von Gneisenau. Elle est composée de Prussiens mais inclut aussi des corps d'amée russes. Elle franchit le Rhin du côté de Coblence* le 31 décembre 1813.


L'armée de Bohême, avec le prince autrichien Charles Philippe de Schwarzenberg à sa tête, a traversé quant à elle le Jura 10 jours plus tôt, le 21 décembre 1813.


Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le vieux Prussien est aussi impétueux et désireux d'en découdre que son jeune allié autrichien est prudent et hésitant.


Ajoutons que, de l'autre côté des Alpes, le vice-roi Eugène de Beauharnais, beau-fils de l'Empereur, doit défendre son royaume d'Italie contre la double offensive des Autrichiens et des Napolitains, lesquels sont commandés par leur roi, qui n'est autre que le maréchal d'Empire Joachim Murat, époux de Caroline Bonaparte, la soeur de Napoléon !


Le jeune tsar Alexandre 1er, auréolé par les succès de ses généraux dans la campagne de Russie, marche avec les armées d'invasion, de même que le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III, lequel n'a jamais brillé par son énergie et son courage.


Tous les deux espèrent agrandir leurs territoires après la chute de Napoléon, au détriment de la Pologne pour le premier, des autres États allemands pour le second. Le Prussien souhaiterait même un dépeçage de la France.


Ces perspectives inquiètent quelque peu le ministre autrichien des Affaires étrangères Metternich et l'empereur François 1er, restés à Vienne*.


Père de Marie-Louise et beau-père de Napoléon dont il a le même âge, l'empereur hésite encore sur la conduite à tenir : maintenir son gendre à la tête de la France ? le remplacer par son fils de trois ans, le roi de Rome, avec un Conseil de régence ? par Bernadotte ou un autre militaire ?...


Seuls les Anglais ont une idée bien arrêtée. Ils veulent préserver sur le Continent l'«équilibre des puissances» et pourquoi pas? restaurer l'ancienne dynastie des Bourbons en la personne de l'héritier légitime, le comte de Provence, frère du roi guillotiné, qui a pris le nom de Louis XVIII.


Pour beaucoup de Français, cette hypothèse paraît fantasque car les Bourbons, qui ont quitté la France un quart de siècle plus tôt, sont pour eux devenus des inconnus qui relèvent d'un passé révolu ! Mais dans l'ombre, le parti royaliste attend son heure.

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Ultimes préparatifs


À Paris, le 19 décembre 1813, débute la session du Corps Législatif. D'emblée s'éveillent les rancoeurs et les peurs chez les députés, lesquels doivent néanmoins leur statut à l'Empereur.


En réponse à Napoléon, qui en appelle à la solidarité nationale dans son discours du Trône, le député Laîné entame un violent réquisitoire qui aurait été impensable quelques mois plus tôt. En référence à l'alourdissement de la fiscalité et de la conscription, il condamne l'excès des contributions, l'excès plus cruel encore du régime pratiqué pour le recrutement de nos armées.


Napoléon laisse dire mais, le 1er janvier suivant, recevant les députés, les apostrophe violemment : Le trône lui-même, qu'est-ce? Quatre morceaux de bois doré recouverts de velours? Non, le trône, c'est un homme, et cet homme, c'est moi, avec ma volonté, mon caractère et ma renommée ! C'est moi qui puis sauver la France et non pas vous. C'est en famille, ce n'est pas en public qu'on lave son linge sale..


Surpris que les Alliés lancent leur offensive en plein hiver, Napoléon hâte le rassemblement des troupes et anticipe même la levée de la classe 1815. Ces très jeunes conscrits enrôlés à la hâte savent à peine charger un fusil. On les surnomme les Marie-Louise, du nom de la jeune impératrice. Élevés dans le culte de l'Empereur, ils compenseront leur inexpérience par leur courage.


Il tranche au passage le problème espagnol en rendant sa liberté au roi légitime Ferdinand VII et en rappelant ses troupes d'Espagne. Il libère également le malheureux pape Pie VII, cloîtré à Fontainebleau.


Au palais des Tuileries*, Napoléon 1er installe un Conseil de régence autour de l'impératrice, avec des personnalités indispensables mais dont la fidélité laisse à désirer* (Talleyrand, Cambacérès...) ainsi que son frère aîné Joseph, médiocre parmi les médiocres. Ce conseil doit gouverner en son absence et dans l'éventualité de sa mort au combat.

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Le chant du cygne


Dans son malheur, Napoléon 1er a la chance que les coalisés soient divisés sur les buts de guerre. Exploitant leur mésentente, il va les tenir en échec pendant 3 mois en dépit d'une écrasante infériorité numérique. Mais à vrai dire, ses succès stratégiques n'auront d'autre effet que de retarder l'échéance tout en durcissant les exigences ennemies...


L'armée de Silésie et celle de Bohême, les plus menaçantes dans l'heure, totalisent environ 250.000 hommes.


Elles ne font qu'une bouchée des armées des frontières, confiées aux maréchaux Macdonald, Marmont, Victor, Mortier et Ney. La première, la plus nombreuse avec 180.000 hommes, remonte la Seine et se dirige vers Troyes*. La seconde arrive à Saint-Dizier* et progresse vers l'Aube* et la Marne*.


Face à elles, Napoléon 1er n'arrive à rassembler qu'un maximum de 70.000 hommes. Qu'à cela ne tienne. Le 25 janvier 1814, embrassant pour la dernière fois sa femme et son fils, il quitte Paris pour Châlons en Champagne*, où il retrouve Marmont, Ney, le vieux Kellermann et quelques milliers d'hommes.


Retrouvant la virtuosité de ses jeunes années, l'Empereur des Français va dès lors voler de l'une à l'autre des armées ennemies en s'efforçant de n'affronter à chaque fois que des forces d'un effectif inférieur ou équivalent aux siennes.


À partir de Saint-Dizier, il emprunte des chemins marécageux réputés impraticables et surprend Blücher et son état-major à Brienne-le-château, le 29 janvier 1814, près de l'école militaire où il a suivi ses études ! Devenu indifférent au danger, il manque toutefois d'être tué à bout portant par un Cosaque.


Schwarzenberg se précipite à la rescousse de Blücher de sorte que les Français, au nombre de 33.000 seulement, subissent un grave échec à La Rothière*, un peu plus au sud, le 1er février, face à pas moins de 150.000 hommes. Ils doivent se replier sur Troyes.


Mais Prussiens et Autrichiens se séparent une nouvelle fois, chacun ambitionnant d'arriver le premier à Paris. Napoléon saisit cette chance inattendue. Chance supplémentaire, il reçoit d'Espagne deux nouvelles divisions en renfort.


Tandis que ses généraux Victor et Gérard retiennent Schwarzenberg à Nogent-sur-Seine*, lui-même se précipite sur Champaubert où il défait le 10 février, en deux heures, l'un des corps d'armée de l'armée de Silésie , celui du Russe Olsuviev (8.000 hommes). Sans attendre, il attaque dès le lendemain les corps d'armée de Sacken (6.000 hommes) et York (17.000 hommes) à Montmirail *avec le concours de la Vieille Garde. Il étrille ce qui reste de l'armée de Silésie à Château-Thierry* le 12 et à Vauchamps* le 14.

Après cette campagne des Cinq-Jours qui laisse Blücher exsangue, ses troupes parcourent une centaine de kilomètres à pied, sac au dos, pour attaquer l'armée de Bohême dans la vallée de la Seine, au Sud. Le 17 février, elles arrivent à Mormand*. Pleines de confiance, avec l'Empereur à leur tête, elles s'élancent le lendemain à l'attaque de Montereau*, au confluent de l'Yonne* et de la Seine*, et en chassent l'ennemi.


Napoléon retrouve la fougue de sa jeunesse avec une touche d'inconscience suicidaire. Il pointe lui-même un canon et lance à ceux qui s'inquiètent : Allez, mes amis, ne craignez rien, le boulet qui me tuera n'est pas encore fondu.


Schwartzenberg offre un armistice. Napoléon le repousse : Je suis plus près de Vienne que l'empereur d'Autriche de Paris ! Il reçoit le soutien inattendu d'un vieux et farouche républicain, le jacobin Lazare Carnot, surnommé en 1794 l'organisateur de la victoire. Il lui confie le gouvernement d'Anvers*, en Belgique.


Par ailleurs, il sermonne le timoré Augereau dans une lettre fameuse : Si vous êtes toujours l'Augereau de Castiglione, gardez le commandement. Si vos soixante ans pèsent sur vous, quittez-le et remettez-le au plus ancien de vos officiers généraux. La patrie est menacée et en danger, elle ne peut être sauvée que par l'audace et la bonne volonté et non par de vaines temporisations (...). L'ennemi fuit de tous côtés sur Troyes. Soyez le premier aux balles. Il n'est plus question d'agir comme dans les derniers temps, mais il faut reprendre ses bottes et sa résolution de 93. Quand les Français verront votre panache aux avant-postes, et qu'ils vous verront vous exposer aux coups de fusil, vous en ferez ce que vous voudrez.

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Dernières illusions


Les Alliés en viennent à douter d'eux-mêmes. Leurs soldats sont épuisés par ces courses-poursuites dans la boue, le froid hivernal, la pluie, le vent et la neige. Ils sont également harcelés par les partisans. Il est vrai que, depuis leur entrée sur le territoire français, ils ont multiplié les exactions à l'égard des paysans : pillages, incendies, meurtres, tortures et viols, de sorte que les civils se sont mués en combattants et en franc-tireurs. On les qualifie de «blouses-bleues» en référence à leur vêtement de travail.


Pendant que se déroulent ces combats, les diplomates, réunis à Châtillon-sur-Seine, négocient un éventuel traité de paix. Le représentant de Napoléon 1er est son nouveau ministre des Relations Extérieures, le général Armand de Caulaincourt, duc de Vicence. Il a reçu de l'Empereur carte blanche pour négocier un traité de paix qui préserve autant que faire se peut les conquêtes de la Révolution* (les frontières naturelles de la France) et bien sûr le trône impérial.


Son adversaire le plus coriace est le Secrétaire d'État britannique, lord Castlereagh. Dans l'ombre, Charles Pozzo di Borgo conseille la plus extrême fermeté au tsar Alexandre 1er. Ce Corse a combattu aux côtés de Pasquale Paoli et voue depuis lors une haine inexpiable à Napoléon.


Le congrès de Châtillon* s'étant soldé par un échec, le tsar, déterminé à abattre l'«ogre», réunit les Alliés à Chaumont* et leur fait signer le 9 mars un pacte de 20 ans renouvelable ! Il servira plus tard de base à la Sainte-Alliance.


Par ce pacte antidaté au 1er mars, Anglais, Prussiens, Russes et Autrichiens s'engagent à ne pas conclure de paix séparée et à maintenir chacun un contingent d'au moins 150.000 hommes jusqu'à la victoire.


L'Angleterre, bien qu'à bout de souffle, garantit à la coalition un financement adéquat de 6 000 000 de livres par an.


Sur le terrain, c'est reparti mais le coeur n'y est plus. Les désertions se multiplient chez les Français et les maréchaux d'Empire n'ont plus qu'une ambition, sauver ce qui peut l'être de leur fortune, leurs hôtels particuliers et leurs titres et savourer enfin une retraite tranquille. Ils gardent rancune à l'Empereur de n'avoir pas négocié un traité de paix l'année précédente, en Allemagne, quand il en était encore temps.


À Lyon, le maréchal Augereau n'en finit pas de tergiverser face aux demandes pressantes de l'Empereur d'attaquer l'ennemi sur ses arrières.


Même réticence chez le prince Eugène, en Italie. Qui plus est, un certain général Moreau, qui commande la garnison de Soissons, en Picardie, livre la ville le 3 mars sans combattre. C'est un soulagement inespéré pour Blücher, qui n'a plus rien à craindre de ce côté.


Napoléon remporte néanmoins de nouveaux succès sur l'armée de Silésie. Sa cavalerie culbute les Cosaques à Berry-au-Bac* le 5 mars.


Le surlendemain, le 7 mars, les «Marie-Louise» remportent la victoire la plus sanglante de la campagne sur les Prussiens et les Russes sur le plateau de Craonne*, en un lieu qui entrera un siècle plus tard dans le grand livre des tragédies de l'Histoire, le Chemin des Dames*.


Mais l'ennemi se retire en bon ordre sur les hauteurs de Laon*. Napoléon tente de le surprendre par un mouvement tournant les 9 et 10 mars, avec le concours du maréchal Marmont. Mais celui-ci est repoussé par le général d'York et ne doit son salut qu'à l'intervention de la Garde impériale.


Blücher demeurant tétanisé sur la montagne couronnée de Laon, Napoléon en profite pour faire un tour du côté de Reims*, qui vient d'être prise par les Alliés. Le 13 mars au soir, après un combat acharné, il en chasse les Prussiens et les Russes et fait une entrée triomphale dans la ville sous les acclamations de la population, à la lumière des torches.


Là-dessus, dans un dernier sursaut, il retourne ses dernières divisions contre l'armée de Bohême. Mais à Arcis-sur-Aube*, le 20 mars, Schwarzenberg résiste à ses assauts. Rien ne semble plus pouvoir empêcher la marche des Alliés sur la capitale.


Désespérant de protéger Paris, Napoléon décide par un coup d'audace de remonter sur Saint-Dizier, à l'Est, et de couper les lignes de ravitaillement des Alliés afin de les obliger à la retraite.


Mais les Alliés ont intercepté un courrier porteur d'une lettre de Berthier à Macdonald dans lequel le premier exposait le plan de l'Empereur et un courrier de ce dernier à Marie-Louise qui confirmait son projet de remonter sur l'Est. Dans le même temps, ils saisissent des lettres du ministre de la Police Anne Savary, duc de Rovigo, dans lequel celui-ci fait état de l'extrême lassitude de la population parisienne.


Après une brève discussion sur un petit tertre aux environs de Sommepuis*, les Alliés décident donc le 24 mars, à l'initiative du tsar, de jouer leur va-tout et de marcher sans plus attendre sur la capitale. Au passage, le lendemain, à Fère-Champenoise*, ils refoulent Marmont et Mortier qui ont joué d'imprudence et prennent les devants pour gagner Paris.


Enfin, les Alliés investissent la capitale le 29 mars. Après un baroud d'honneur de ses défenseurs Moncey, Marmont et Mortier, la ville se rend le lendemain sans se faire prier, après que l'impératrice et son fils l'aient quittée pour Chartres*, de même que Joseph Bonaparte.


Déjà Lyon, le 20 mars, a été abandonnée à l'ennemi par Augereau. Bordeaux, de son côté, s'est livrée à l'armée de Wellington dès le 12 mars au terme d'une mascarade organisée par le maire de la ville, le comte Lynch, secrètement partisan de la restauration des Bourbons. C'est la première manifestation publique des royalistes.


Défendue par Soult, Toulouse résistera quant à elle jusqu'au 10 avril 1814 à l'attaque de Wellington et ne se rendra que sur l'injonction du nouveau gouvernement.

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La chute


Le 31 mars, après la difficile campagne de France, les Alliés entrent en vainqueurs à Paris. Les habitants, stupéfaits, découvrent les Cosaques campant sur le Champ-de-Mars ! Mais la haine n'est pas au rendez-vous et l'on reste entre gens du monde.


Le 3 avril, le Sénat, habilement manoeuvré par Talleyrand, prononce la déchéance de l'empereur, coupable d'avoir violé son serment et attenté aux droits des peuples en levant des hommes et des impôts contrairement aux institutions.


De son côté, l'empereur, déconfit, revenu en hâte vers la capitale, apprend à Juvisy* la reddition de celle-ci. Déconfit, il se détourne sur Fontainebleau avec les 60.000 hommes qui lui restent. Là, ses plus fidèles compagnons, les maréchaux Ney, Berthier et Lefebvre, le pressent d'abdiquer en faveur de son fils. Il s'exécute le 4 avril. Le tsar, consulté, ne s'opposerait pas à une régence.


Tout d'un coup, patatras. Voilà que l'on apprend la défection des troupes du maréchal Marmont, duc de Raguse, avec 10.000 hommes sous ses ordres. L'homme capitule sans en référer à l'empereur. Le tsar, voyant qu'il n'y a plus rien à craindre de Napoléon, exige dès lors une abdication sans conditions et se laisse convaincre par Talleyrand de restaurer la dynastie des Bourbons, en la personne de Louis XVIII, au nom du sacro-saint principe de légitimité dynastique : «La République est une impossibilité, lui dit-il. La Régence, Bernadotte, sont une intrigue. Les Bourbons seuls sont un principe».


Acculé par ses propres maréchaux, l'empereur se résigne et signe l'acte d'abdication le 6 avril. Il se voit promettre en contrepartie la souveraineté sur l'île d'Elbe, une principauté italienne à la latitude de la Corse, ainsi qu'une pension de deux millions de francs par an qui doit lui être versée par la France. Il conserve le titre d'empereur !


Cependant que les souverains alliés font, le 10 avril 1814, une entrée triomphale dans la capitale, le Sénat ne perd pas de temps. Il appelle Louis XVIII à monter sur le trône. C'est le retour des lys. Le roi, qui se fait appeler le Désiré (!), quitte tant bien que mal sa retraite anglaise de Hartwell et débarque à Calais* obèse et impotent, il est presque incapable de marcher.


En route vers Paris, il publie le 2 mai à Saint-Ouen* une déclaration dans laquelle il promet un gouvernement représentatif et le respect des acquis de la Révolution. Soulagement chez les Français de tous bords, désireux de retrouver enfin la paix.

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On se quitte


À Fontainebleau, l'ex-empereur, confiné dans le château, attend en vain l'arrivée de sa femme Marie-Louise et de leur fils, mais ceux-ci ont déjà pris le chemin de l'Autriche. Ses proches et ses compagnons de combat le quittent en songeant à leur reconversion. Le fidèle Berthier s'occupe de transférer l'armée sous les ordres du gouvernement provisoire.


Résigné, Napoléon fait le 20 avril ses adieux à la Garde impériale dans la cour du Cheval Blanc*, devant l'escalier monumental du château, avant de prendre la route de l'île d'Elbe*.


Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Fabienne Manière/ Herodote.net


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Du jugement du général Malet le 28 octobre 1812 à la bataille de Montmirail le 11 février 1814


Le Jugement du général Malet.


Nombreux furent ceux qui ont cru à la nouvelle que le général Malet a fait courir dans Paris: l’empereur Napoléon est mort devant Moscou*. Malet, qui n’en est pas à son premier complot et qui a été interné dans la maison de santé du docteur Dubuisson, a réussi cependant à convaincre quelques soldats, à faire libérer quelques généraux républicains et à former une ébauche de gouvernement provisoire.


Le général Hulin, commandant la place de Paris, s’est pourtant opposé à lui et a l’arrêté avec ses 12 complices. Ils sont en ce jour du 28 octobre1812 condamnés à mort.


Le lendemain à l’aube, ils seront fusillés. Personne malgré cette tentative de coup d’Etat n’a eu la présence d’esprit de songer à l’Aiglon.

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C’est le 8 Octobre 1813 que Arthur Wellesley duc de Wellington envahit le Midi de la France. Le duc de Wellington, qui a déjà infligé une défaite décisive aux Français à Vitoria* en Espagne, poursuit les armées françaises et remonte jusqu’à Toulouse*.

le 14 octobre 1813, la Bavière déclare la guerre à la France.


Le 16 octobre 1813 L'armée napoléonienne est battue à Leipzig* dans la "Bataille des Nations"*.


Le 17 octobre 1813 La Confédération du Rhin, créée par Napoléon, est dissoute.


Le 19 octobre 1813, fin de la bataille des Nations* (Völkerslacht) Depuis 4 jours, les armées de Napoléon et celles des Alliés* (autrichiens, prussiens, russes et suédois) s’affrontent sans merci dans les environs de Leipzig. En ce jour, la bataille s’achève par la défaite des troupes françaises, obligées de se replier par-delà le Rhin. On dénombre 60 000 morts du côté des Français, 55 000 pour les Alliés.

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Le 11 décembre 1813 est signé le Traité de Valençay*. Le comte de Laforest, ambassadeur de France à Madrid*, est envoyé par Napoléon auprès du roi d’Espagne Ferdinand VII, interné au château de Valençay* depuis 1808. Le traité rend l’Espagne au fils de Charles IV que l’on nomme “ Ferdinand le Désiré ”. Le roi s’engage à ne céder aucun territoire à l’Angleterre. Le cardinal de Bourbon, recevant à Madrid ce traité qu’il a fallu moins d’un mois pour mettre au point, refusera d’en accepter les termes tant que le roi Ferdinand ne sera pas libéré et de retour dans son royaume.

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le 25 juin 1813 est signé le Concordat de Fontainebleau*.


Napoléon et Pie VII signent un semblant de concordat en 11 articles. Le pape signe à contrecœur et les cardinaux vont se rétracter. Le pape en fait autant le 24 mars 1814. Dès le lendemain, en manière de riposte, Napoléon nomme 12 évêques.

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le 12 aout 1813 L’Autriche déclare la guerre à Napoléon.


Après le désastre subi en Russie par Napoléon, une sixième coalition* s’est formée contre lui. La Prusse, la Russie et l’Angleterre en sont déjà les piliers. La Suède les rejoint. Napoléon n’a pas la moindre illusion.

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Mort de Sade en 1814.


Incarcéré avant la Révolution, puis sous Bonaparte, le marquis de Sade meurt dans la prison de Charenton* où il croupissait depuis 13 ans ans.


Bataille de Montmirail le 11 février 1814

Intro


Vainqueurs à la Rothière* et se croyant débarrassés de Napoléon, les Alliés autrichiens, prussiens et russes ont divisé leurs forces. Les Autrichiens descendent vers Paris par la Marne*. L’empereur décide de les écraser les uns et les autres séparément. A Montmirail où il compte arriver avant le Prussien Yorck et le Russe Sacken, il parvient à les séparer. Une retraite précipitée permet au Russe de sauver ses troupes au prix de son train d’équipage qu’il doit abandonner.


La bataille de Montmirail


La bataille de Montmirail se déroule lors de la campagne de France. Elle oppose l'armée française de Napoléon 1er aux troupes russes du général Osten-Sacken et prussiennes du général Ludwig Yorck von Wartenburg. L'affrontement se solde par une victoire française.

Après avoir détruit complètement le corps russe du général Olsoufiev à Champaubert*, Napoléon choisit de se retourner contre les troupes russo-prussiennes d'Osten-Sacken et de York.

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Napoléon dispose d'environ 16 000 hommes répartis de la manière suivante :



Les 2 divisions de la Jeune Garde commandées par le maréchal Ney ne participeront pas à la bataille.

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Pour Osten-Sacken (Armée russe) :



Pour York (Armée prussienne) :


44 canons. Soit environ 30 000 hommes et 104 canons.


Napoléon arrive à 8 heures du matin à Montmirail, précédé par les cavaliers de Nansouty et accompagnés par quelques escadrons de la Garde et par une partie de la division Ricard. Face à la supériorité numérique de l'adversaire, l'Empereur décide d'attendre l'arrivée des troupes encore en arrière avant de débuter l'attaque.


À dix heures, la Vieille Garde et le reste de la division Ricard se présentent à Montmirail. Cependant, vers midi, les Russes attaquent et occupent Marchais*. Napoléon envoie Ricard reprendre le village. Ce dernier réussit à s'en emparer mais est repoussé à la suite d'une contre-attaque. Les Français perdent et reprennent le village 5 fois de suite. La Vieille Garde de Friant, envoyée à son secours, menace d'être submergée par la masse ennemie. En milieu d'après-midi, alors que la bataille fait rage, l'arrivée du maréchal Mortier avec la division Michel de la Vieille Garde et la cavalerie de Defrance décide l'Empereur à lancer la cavalerie de la Garde sur les Russes, et il fait parvenir aux dragons de la Vieille Garde l'ordre de charger.


Le général Dautancourt, qui les commande, emprunte avec ses cavaliers la route de Fontenelle*, passe à côté de la ferme des Gréneaux* et traverse les lignes russes placées au milieu du chemin. Les fantassins d'Osten-Sacken, surpris par la rapidité de l'attaque, se replient pour la plupart en désordre dans les bois à proximité.


À ce moment, le flanc droit des Russes est coupé de leur centre. Dautancourt rallie ses dragons et les relance à la poursuite des fuyards, qui s'échappent en direction du bois Jean, près de Courmont*. Les cavaliers français les y rattrapent et les taillent en pièces. Entre-temps, l'infanterie française refoule les Russes au-delà de Marchais, et les Prussiens de Yorck, arrivés tardivement sur le champ de bataille, ne peuvent empêcher la victoire française. À la fin de la journée, les dragons de la Vieille Garde ont perdu 6 tués et autant de blessés.


De leur côté, les dragons de Letort de Lorville, formés en colonnes par pelotons, chargent sur la route de Viels-Maisons* et enfoncent 3 carrés d'infanterie. Ils galopent ensuite sur Épernay*, sabrent les fuyards et font à cette occasion de nombreux prisonniers. Letort de Lorville est nommé général de division sur le champ de bataille le jour même.


Cependant, York, qui arrive à Montmirail, ordonne l'offensive pour stopper les Français dans leur progression, mais il subit de lourdes pertes à la suite de la contre-attaque de Michel appuyée par la cavalerie. À la nuit, les Prussiens se retirent après avoir perdu un millier des leurs.


Au lendemain de la bataille de Champaubert*, avec la victoire de Montmirail, Napoléon porte un coup très dur à l'armée de Silésie de Blücher, en infligeant une nouvelle humiliation aux Prussiens et aux Russes pourtant 2 fois plus nombreux. Les pertes subies ce jour-là par Osten-Sacken et Yorck sont importantes. Le succès français sème la discorde entre les alliés.


Mais les effets de la victoire de Montmirail demeurent cependant limités par l'inaction de MacDonald et ne portent pas un coup décisif à Blücher.


Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean Tranié et Juan-Carlos Carmigniani, Napoléon 1814 : La campagne de France, Paris, Pygmalion/Gérard Watelet, 1989, 315 p. (ISBN 2-85704-301-5).

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Bataille de Montereau 18 février 1814


La bataille de Montereau eut lieu le à Montereau* (en Seine-et-Marne) et s'est soldée par une victoire des Français commandés par Napoléon sur les Autrichiens et les Wurtembergeois commandés par le Prince royal de Wurtemberg*.


Après le désastre de la campagne de Russie* et la défaite de Leipzig*, les armées de la coalition* franchissent le Rhin* et commencent la campagne de France* en janvier 1814. Après de nombreux succès face aux Prussiens, Napoléon 1er se tourne vers les Autrichiens.


Le 13 février 1814, le général Oudinot donne l'ordre de se replier sur Nangis, en France.

Il ordonne au général Pajol d'évacuer Montereau* et de se replier sur Melun* ou Nangis*. À 9 h 30, l'évacuation commence devant les habitants médusés. Deux fortes explosions détruisent les ponts de l'Yonne* et de la Seine*.


Le soir, on aperçoit les feux de bivouac de l'ennemi à La Brosse-Montceaux*. Le 14 février, le général autrichien Hardegg entre dans Montereau. Du 14 au 17 février 1814, la ville est livrée au pillage avec son cortège d'atrocités sur la population. Le 16 février, les alliés commencent à s'affoler de la marche de Napoléon sur la ville.


Le 17 février, Napoléon ordonne l'offensive. Il pousse pour vaincre les Autrichiens après avoir défait les Russes et les Prussiens les jours précédents. Il demande à Victor de se réinstaller à Montereau le 17 et à Pajol de le rejoindre dans cette ville.

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Dans les jours précédents, Schwarzenberg, qui commande l’armée autrichienne, a donné l'ordre au prince royal de Wurtemberg, commandant de l'armée wurtembergeoise, de tenir Montereau avec son double pont qui enjambe l’Yonne et la Seine. Le prince prend ses dispositions et place l’essentiel de ses troupes au nord de la ville, au-delà du château de Surville*. Les troupes alliées sont ainsi organisées en conséquence pour repousser toute attaque.


Sur leur aile droite, devant Saint-Martin,* les Austro-Wurtembergeois ont plusieurs escadrons de cavalerie échelonnés le long des coteaux soutenus par de l’artillerie ainsi qu’un régiment d’infanterie. Au-dessus, ils renforcent la défense de la ferme de Luat* à l’aide d’artillerie, d’infanterie et de cavalerie en réserve.


Au centre, ils positionnent l’essentiel de leur infanterie avec sur la droite du château de Surville, des bataillons commandés par l’autrichien Zach, en avant dans le parc des Ormeaux* deux bataillons autrichiens du général Colloredo et un bataillon wurtembergeois* (Zach et Colloredo appartiennent à la brigade Schaeffer) et dans Villaron la brigade Stockmayer le long du Chemin d’Enfer, le tout soutenu par des postes d’artillerie. Derrière Villaron se trouvent les bataillons du général Doering.


Sur l’aile gauche se trouve l’essentiel de la cavalerie wurtembergeoise et autrichienne, et de l’artillerie, du chemin de la grande paroisse, en passant par le Dragon Bleu, au hameau des Courreaux et au-delà à Mauperthuis*. L’infanterie bavaroise* est également présente en soutien de l’aile gauche dans le faubourg Saint-Nicolas et jusque vers Plat Buisson*.


Dans toutes les directions sont mis en place des éléments avancés : dans le bois de Valence* tout d’abord, à Mauperthuis, dans le parc du château de Forges* et dans les alentours du château de Courbeton*.

Enfin, en réserve, le général autrichien Hohenlohe attend derrière le faubourg Saint-Maurice* avec une brigade d’infanterie. Plus au sud-est, sur la route de Bray* est positionnée la brigade de cavalerie de Jett avec de l'artillerie dans le bois de Motteux*. Une batterie d’artillerie est également présente en face de Courbeton* dans le faubourg Saint-Maurice. Au total plus de 15 000 hommes sont présents devant Montereau*.


Pajol ignore que Victor n’a pas suivi les instructions de l’Empereur et s’est arrêté la nuit à Salins*. Partant de Valence-en-Brie* le 18 au matin avec sa troupe d’environ 6 500 hommes, dont près de 4 000 gardes nationaux dirigé par le général Pacthod, il se trouve vite opposé vers 8 h à l’avant-garde alliée, soutenue par des canons, au carrefour de la demi-lune au milieu du bois de Valence*. Après 1 heure de combat, il repousse ses ennemis vers le sud. En effet, il commande de déborder les alliés par son aile gauche à Mauperthuis, avec l'artillerie et les brigades Grouvel* (dragons) et Coëtlosquet et par son aile droite, à travers les bois, avec Pacthod et Jacques-Antoine-Adrien Delort. Il peut enfin déboucher de la forêt vers 9 h.


Se trouvant face au gros des forces wurtembergeoises, il installe ses quelques pièces d’artillerie face à celles de l’ennemi et place ses bataillons à gauche et à droite de ses canons, en gardant la moitié de ses hommes en réserve dans le bois. À son aile gauche, il positionne en particulier les brigades de cavalerie Grouvel et Coëtlosquet, et à son extrême gauche la brigade de cavalerie Delort. Au centre sont placés les gendarmes d’Espagne*. Pajol s’active afin de tenter de rejoindre Victor dans Montereau. Ses 2 ailes notamment harcèlent l’ennemi et arrivent vers 12 h à le déloger l’une sur sa gauche du hameau de Courreaux, l’autre sur sa droite de la ferme de La Mare* ce qui l’oblige à reculer.


Dans le même temps, Victor s’est résolu à marcher sur Montereau avec ses 4 500 hommes. Vers 9 h, ses 2 divisions s’occupent, l’une de se diriger vers Surville* (division Chateau) en passant par le chemin de Grand Buisson*, l’autre (division Duhesme) d’attaquer, en se divisant en 2 colonnes, le château de Courbeton* d’une part et Le Luat* en passant par Merlanges* d’autre part. L’avant-garde de Chateau chasse les troupes alliées du parc de Forges et arrive en vue de Villaron*. Les troupes alliées plus nombreuses et défendues par leur artillerie les repoussent jusqu’à Forges. L’arrivée de l’essentiel de la division française permet de stopper cette contre-attaque et de marcher de nouveau vers le sud et la ferme du Luat. Chateau arrive même jusqu’à Saint-Martin* où il est grièvement blessé et doit reculer. À Courbeton, les forces françaises délogent rapidement les avant-postes ennemis de leurs positions mais, faute d’une puissance de feu suffisante, campent sur leurs positions. À la ferme du Luat, les Français commencent à encercler les Wurtembergeois. Aidés par des escadrons du corps d’armée de Gérard, ils les en chassent définitivement vers 12 h.


En effet, ce dernier a reçu l’ordre de marcher sur Montereau, depuis Nangis, avec ses deux divisions et son artillerie (environ 5 000 hommes) provenant de la réserve de Paris. Il vient notamment suppléer les forces engagées par Victor, qui tiraillent l’aile droite alliée au Luat et dans le parc de Courbeton, et a comme instruction de Napoléon de remplacer celui-ci. Vers 14 h, il met en ligne ses régiments et peut aligner l’essentiel de son artillerie face aux forces austro-wurtembergeoises au nord de Surville et à l’est du faubourg Saint-Martin.


Depuis 12 h, les alliés contraints sur leurs ailes entre les fermes de La Mare et du Luat ont été déjà forcés de reculer vers Surville au-delà de leur ligne allant du Dragon Bleu* au Plat Buisson*. Désormais, ils subissent sur toute leur ligne la pression des Français. Sur leur aile gauche notamment, les Bavarois reculent devant le harcèlement exercé par la brigade Delort, secondée par les gendarmes de l’armée d’Espagne, passés à couvert derrière la brigade Delort durant la matinée, et qui s’approchent du faubourg Saint-Nicolas*.


Apprenant l’arrivée de Napoléon sur le champ de bataille, il apparaît aux alliés désormais qu’il leur sera difficile de se rétablir. Le prince de Wurtemberg, qui commande l’essentiel des troupes, quitte le centre du champ de bataille vers 15 h pour se replier sur la route de Bray.


Napoléon arrive dans le même temps par Laval* avec près de 5 000 hommes. Il laisse là l’essentiel de ses divisions et ordonne alors à ses généraux de former quatre colonnes :



Ce dispositif accélère la fuite des troupes alliées. Le prince de Wurtemberg ordonne à la brigade Stockmayer ainsi qu'à l'essentiel de sa cavalerie et de son artillerie de battre en retraite. Ces troupes doivent être couvertes par les régiments Zach et Colloredo de la brigade Schaeffer. Mais les Français ne leur laissent que peu de répit. Sur leur gauche, les gendarmes et la garde nationale prennent par surprise leurs pièces de canons aux Bavarois. Au centre, Pajol, qui veut enlever la position solidement tenue par les Autrichiens aux Ormeaux, est aidé par l’ancien maire qui lui montre un chemin lui permettant de contourner ce lieu et d’encercler l’ennemi. Enfin, l’artillerie de Gérard permet de démonter plusieurs pièces d’artillerie autour du château de Surville malgré une attaque du général Doering pour tenter de détruire des canons, repoussée par Gérard lui-même ; la destruction des canons alliés laisse enfin le champ libre à l’infanterie française, qui ne tarde pas à repousser les défenses alliées et à atteindre le château de Surville. Partout, la cavalerie française, par ses attaques successives, accélère la désorganisation de l’ennemi.


Observant le mouvement de retraite, Napoléon, arrivé aux bords du plateau de Surville vers 16 h, intime à Pajol l’ordre de protéger les ponts. Celui-ci lance alors des escadrons de la brigade Delort pour exécuter cette mission tout en maugréant. Malgré la jeunesse de ses cavaliers, les Français atteignent rapidement la rive sud de l’Yonne et sauvent ainsi les ponts. Pajol les rejoint avec les brigades de cavalerie Grouvel et Coëtlosquet. Les ennemis définitivement repoussés fuient en masse sur les routes de Sens* et de Bray. Afin de contenir la cavalerie française, la brigade d'Hohenlohe se porte en avant dans le faubourg Saint-Maurice. Cependant, la cohue des troupes alliées mêlées aux Français empêche cette tentative de contre-attaque d'aboutir. Lors de ce mouvement, Hohenlohe est tué. Seule la brigade de Jett arrive à contenir un temps les charges françaises avant de partir à la fin de la journée. Les armées alliées en déroute battent en retraite jusqu'à La Tombe*, pillant et brûlant tout sur leur passage. Les habitants de la ville s'empressent d'aider à chasser l'ennemi.

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Conclusion

Le 19 février, Napoléon entre dans la ville, fort mécontent de l'aide que certains habitants, comme l'adjoint au maire Jauvet qui a hébergé un général, ont apportée aux armées autrichiennes, en dépit de leurs exactions.


Tactiquement, l’objectif fixé par l’Empereur de reprendre les ponts de Montereau a donc été atteint malgré l’inexpérience de ses hommes. Cependant, faute de troupes suffisantes et de coordination avec les autres maréchaux, Napoléon ne peut exploiter cette victoire. Les Russes et les Prussiens sont aux portes nord de la capitale et les Autrichiens, malgré cette défaite, constituent toujours une menace au sud.


La bataille de Montereau est l'un des derniers succès de Napoléon. Elle oblige l'ennemi, parvenu à une cinquantaine de kilomètres de Paris, à reculer. Mais elle n'empêche pas l'inéluctable.


Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Alain Drèze (préf. Jean Tulard), Le "Marie-Louise" de l'Empereur : Montereau, février 1814 : roman, Le Mée-sur-Seine, Lys-Éd. Amattéis, 2004, 141 p. (ISBN 978-2-868-49219-7)


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Les Cent-Jours

Intro :


En février et mars 1814, l'empereur Napoléon défend les territoires français contre toute l'Europe coalisée. En dépit de victoires parfois brillantes de l'armée impériale les Alliés finissent par arriver devant Paris, alors que Napoléon veut les arrêter à Saint-Dizier*. Mais, arrivé trop tard en Île-de-France, il doit se replier à Fontainebleau*.


Après sa défaite militaire, les maréchaux forcent l'empereur à abdiquer, et il est déchu par le Sénat dès le 3 avril. L’intention de Napoléon était d'abandonner la couronne impériale à son fils Napoléon II, mais les puissances alliées exigent une abdication inconditionnelle, signée le 6 avril 1814. Les Coalisés l'exilent alors sur l'île d'Elbe.


Le 20 avril, ont lieu les « Adieux de Fontainebleau ». Napoléon embarque à Saint-Raphaël et, arrivant à Portoferraio le 3 mai, y débarque le 4. Ce même jour, Louis XVIII fait son entrée à Paris.

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Du 1er au 20 mars 1815, la reconquête du pouvoir par Napoléon est rythmée par son débarquement à Golfe-Juan* et sa marche de plus en plus triomphale vers Paris. Cette période est surnommée le vol de l'Aigle par l'historiographie favorable à l'empereur. Du 20 mars au 22 juin 1815, c'est le second règne impérial de Napoléon Ier. Cette période voit le rétablissement du contrôle de l'administration et de l'armée par Napoléon, la modification de la Constitution avec l'Acte additionnel*, et la reprise de la guerre contre les Alliés* (Septième Coalition) qui s'achève par la défaite française à la bataille de Waterloo, et l'abdication de l'empereur.


Du 22 juin au 7 juillet 1815, la Commission de gouvernement, établie à la suite de la seconde abdication, maintient l'existence des pouvoirs exécutifs pendant deux semaines, puis laisse remonter sur le trône Louis XVIII, alors réfugié à Gand, après l'occupation de Paris par les armées britannique et prussienne.

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Les 100 jours :


Les clauses du traité de Fontainebleau ne sont pas respectées, la rente n'est pas payée ; Napoléon apprend en outre qu'au congrès de Vienne il est question de l'exiler aux Açores* ou sur l'île Sainte-Hélène*. D'autre part, Cipriani, un de ses proches, envoyé en Autriche fin 1814, lui apprend la trahison et l'infidélité de son épouse Marie-Louise.


C'est en plein jour, au vu et au su de tous que, le 1er mars 1815, le débarquement, se fait à Vallauris*. Un premier bivouac est installé sur le rivage de ce qui est désormais Golfe-Juan*.


Napoléon a demandé au général Cambronne, qui commande l'avant-garde, de ne tirer aucun coup de fusil.


La surprise et la rapidité sont les moyens essentiels de la réussite de cette opération. À la nuit, Napoléon arrive à Cannes* par les dunes.


Le 2 mars, 64 km sont effectués jusqu'à Séranon* où la troupe bivouaque dans la neige à plus de 1 000 mètres. Le 3 mars, dès l'aube elle se met en marche pour atteindre Castellane*. Napoléon est accueilli à la sous-préfecture*. Le 4 mars, par le col de Corobin*, la troupe descend à Digne-les-Bains* où elle retrouve la route qui court le long de la Bléone*. Pendant que la petite armée bivouaque dans les jardins du château de Malijai*, au confluent de la Bléone et de la Durance*, Cambronne est parti en avant pour Sisteron*.

Au petit matin du 5 mars, Napoléon se remet en route et passe par L'Escale* et Volonne* sur la rive gauche de la Durance, puis pénètre à Sisteron par la porte du Dauphiné.


.Le 6 mars, la troupe quitte Gap. Le 7 mars, jour de marche le plus long, l'armée se met en route pour Grenoble.


Cambronne marche avec quelques heures d'avance à la tête d'une compagnie de grenadiers et de quelques estafettes polonaises.


Il a ouvert la route en empêchant des soldats royalistes venus de Grenoble d'accomplir leur mission de faire sauter le Pont-Haut*, à l'entrée de La Mure*. Le général Marchand, qui commande à Grenoble, est décidé à arrêter Napoléon et à l'enfermer au fort Barraux*. Il a envoyé le bataillon du commandant Lessard qui a pris position à Laffrey*, défilé étroit situé entre la colline et le lac. C'est là que se déroule à la Prairie de la Rencontre, ainsi nommée par Stendhal, la scène où Napoléon ouvrant sa redingote s'avance devant les soldats royalistes et leur crie : Soldats du 5ème ! Reconnaissez votre empereur ! S'il en est qui veut me tuer, me voilà ! . Les soldats du 5ème d’infanterie de ligne se rallient.

La rampe de Laffrey descend sur Vizille* où Napoléon passe devant le château de Lesdiguières*. Il monte ensuite sur le plateau de Brié-et-Angonnes*, où il rencontre au hameau de Tavernolles* le 7ème régiment d'infanterie de ligne commandé par La Bédoyère venu à sa rencontre et qui se rallie également à Napoléon.


L'empereur redescend vers Eybens, où une longue ligne droite mène à Grenoble* et à la porte de Bonne* que le général Marchand tient close. Au bout de quelques heures la population parvient à l'enfoncer ; à la nuit tombée, Napoléon entre place Grenette* acclamé par la foule. 2 jours passés dans la ville de Grenoble ont permis à l’empereur de recevoir les autorités, d’édicter les premiers décrets et d’envoyer, via Turin*, un courrier à Marie-Louise, lui donnant rendez-vous à Paris.


Le 9 mars, dans l’après-midi, la colonne quitte Grenoble par la porte de France*. Après un arrêt à Voreppe*, nouvelle halte à Moirans*, la troupe se remet en route et arrive à Bourgoin-Jallieu* à 3 heures, ville que Napoléon quitte finalement à quinze heures. Le 10 mars, c'est l'entrée triomphale dans Lyon*, alors 2ème ville du Royaume. Le comte d'Artois, frère de Louis XVIII et futur Charles X, aidé du maréchal Macdonald, souhaite organiser la résistance. ll fait barricader le pont de La Guillotière*, mais il ne dispose pas de munitions, alors que l’ex-Empereur a pu se procurer des armes à Grenoble. À l’approche de l’Aigle, Artois envoie des troupes à sa rencontre mais elles sympathisent avec l’ennemi, contraignant Artois à fuir. Le 11 mars à Lyon, Napoléon passe des troupes en revue. Il envoie un nouveau courrier à Marie-Louise le 12 mars, et promulgue 11 décrets.


Le 13 mars, Napoléon quitte Lyon à 13 h pour Villefranche-sur-Saône*, où il est reçu à 15 h par 60 000 personnes assemblées. Il est à Mâcon* le soir. Le préfet Auguste-Jean Germain de Montforton s'est enfui la veille, après avoir publié un libelle injurieux maiis la Garde l'a rejoint par coche* sur la Saône*.


Le 15 mars, départ de Chalon-sur-Saône*, il prend la route de la Bourgogne, passe par Autun*. Dans la nuit, le baron Passinges, un officier d'ordonnance du maréchal Ney qui est à Lons-le-Saunier*, vient lui annoncer le ralliement de ce dernier.


Le 16 mars, départ d'Autun pour Avallon* par Chissey-en-Morvan* Le 17 mars Napoléon quitte Avallon pour Auxerre*, où il loge à la préfecture auprès du préfet Gamot, beau-frère du maréchal Ney. Le 18 mars l'empereur et le maréchal se rencontrent. tiraillé entre Louis XVIII dont il est le dernier espoir, et Napoléon, Ney, qui ne s'attendait pas à ce que la cause impériale ait rassemblé autant de partisans, s'incline finalement devant son ancien souverain et trahit sa promesse au roi de ramener Napoléon à Paris dans une cage de fer. La défection du maréchal Ney fait forte impression dans la capitale. La Garde, arrivée à Chaumont*, aux ordres du maréchal Oudinot, rejoint Napoléon. À Auxerre Napoléon écrit à Marie-Louise sa 3ème lettre depuis son départ de l'île d'Elbe.


Le 19 mars, Napoléon a organisé la dernière étape qui le conduit à Paris. D'Auxerre à Sens* par Joigny*, pendant que l'empereur galope, l'armée abandonne le roi. À Sens, le maire, François de Laurencin, vient se présenter. L’empereur, qui redoute une révolution sanglante dans la capitale, lui dit : Les avant-postes sont aux mains. Il n'y a pas un moment à perdre pour empêcher le sang de couler, et ma présence seule peut tout rallier.


Cette nuit-là Louis XVIII part en direction de Beauvais*, pour passer la nuit à Grandvilliers* chez Antoine Delamarre, qui organise sa fuite. Le duc de Berry et le maréchal Marmont, lequel commande alors la maison du Roi, forment l'escorte. Tous les ministres partent dans la nuit. Le maréchal Macdonald fait passer l'ordre aux troupes du roi de se replier vers Saint-Denis* pour se rendre à Beauvais. À la nuit, Napoléon et sa suite arrivent à Pont-sur-Yonne*.


Arrivé à Fossard*, l’empereur trouve les hommes du 13e dragons de l'armée du duc de Berry. Les officiers sont partis, tandis que les simples dragons préfèrent rallier l'armée de l'empereur. Dans la nuit, en route pour Melun* où il croit trouver l'armée du duc de Berry, voyant les troupes échelonnées sans officiers, Napoléon décide de rentrer à Fontainebleau* et bifurque par Moret-sur-Loing*. Toujours inquiet, croyant Louis XVIII à Paris, il redoute un soulèvement populaire. Lorsqu'il arrive à Fontainebleau la ville dort mais le château est illuminé.


Le 20 mars, le général Haxo, qui pense rejoindre Louis XVIII, trouve les Tuileries quasiment désertes. À 7 h, Lavalette a pris la direction de la Poste, prévient les maîtres de postes que l'empereur sera là avant 2 heures et donne l'ordre de ne plus fournir de chevaux sans autorisation. Lavalette interrompt la publication du Moniteur universel. Aux Tuileries, le ministre des Finances laisse 50 millions dans les coffres. L'empereur est en route pour Paris.


le 20 mars 1815 Napoléon entre à Paris. Tandis que Napoléon entre par un côté des Tuileries, Louis XVIII sort par un autre. Jusqu’à ce 20ème jour depuis son débarquement à Golfe Juan, l’empereur n’a rencontré aucun obstacle.

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À Paris, le drapeau tricolore flotte aux Tuileries* à 2 h 20, et sur le dôme de l'Horloge aux Invalides* à 2 h 30. À 2 h 45, au lycée Louis-le-Grand*, Sadi Carnot par la fenêtre voit le drapeau hissé au sommet de la colonne Vendôme*. Napoléon entre dans la capitale : à neuf heures du soir il est dans la cour du château des Tuileries et constitue aussitôt son gouvernement. La révolution du 20 mars s'appuie plus sur un ralliement militaire que sur un soutien populaire, si bien que certains historiens, considèrent que cette reprise du pouvoir avec initialement 900 hommes est un coup d'État militaire.

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Le 18 mars, aux Pays-Bas, le prince d’Orange*, souverain des Pays-Bas depuis quelques mois, publie une patente où il déclare prendre les titres de roi des Pays-Bas et duc du Luxembourg. À Bruxelles il passe en revue les troupes, qui lui prêtent serment. La foule regarde passer l'état-major néerlandais et, vers le soir, les troupes descendent ouvrir la voie aux alliés anglais annoncés.


Les généraux Maison et Dessolles, fidèles au roi, viennent dire à Blacas, favori du roi, qu'ils se tiennent prêts à sacrifier leur vie en attaquant Napoléon. Mais que leur résistance ne serait jamais pardonnée, et qu'en cas d'échec ils perdraient leur fortune et devraient s'exiler. Il leur fut compté à chacun 200 000 francs. La Bourse de Paris tombe à 66 francs contre 78 le 5 mars.


Autre débâcle, chez les libéraux, anciens conventionnels, ralliés et assis entre deux chaises, on s'esquive : La Fayette rentre en Auvergne. Madame de Staël ferme son salon. Dans ce désarroi, Chateaubriand suggère de se ranger autour du roi pour se faire égorger. Seule Juliette Récamier garde la porte ouverte, et Benjamin Constant, qui vient de terminer son Adolphe, écrit un article qui paraît dans Le Journal des débats.


Le 18 mars, en Italie, Murat se met en marche pour Rome. Le 20 mars, à Vienne, en Autriche, l'Aiglon s'apprête à fêter ses 4 ans. À l'annonce du débarquement de son père, on lui a fait quitter le château de Schönbrunn* pour le palais froid de la Hofburg* plus facile à surveiller. Les sentinelles sont doublées et habillées en domestiques, avec ordre de surveiller les trois Français qui restent et qui ne vont pas tarder à partir, Madame de Montesquiou, Méneval et Bausset.


Le général Neipperg fait ses adieux à Marie-Louise et part prendre la tête d'une division en Italie contre le beau-frère de l'impératrice, Murat.


Ce même jour, à Londres, à la Chambre des communes, Samuel Whitbread, leader des Whigs*, opposants à la lutte contre la France, se lève pour poser des questions au tout puissant Castlereagh, Premier ministre, qui vient de rentrer du Congrès de Vienne. « Est-ce bien le moment de relancer l'Angleterre dans une guerre sur le continent qui achèvera de nous épuiser ? Votre célèbre assemblée de Vienne a tant fait qu'elle a ramené Bonaparte sur la scène politique, elle l'y ramène investi d'une nouvelle force morale sur ses adversaires. Je voudrais savoir si les Puissances n'ont pas donné elles-mêmes à Bonaparte des sujets légitimes de plainte ? Le traité de Fontainebleau a-t-il été violé ? A-t-on refusé de payer la pension qu'on lui avait promise ? A-t-on essayé d'enlever au jeune fils de Bonaparte les duchés de Parme ? Si Bonaparte triomphe, il est vraisemblable que de grands revers lui auront mieux appris à juger ses véritables intérêts et que par conséquent, l'Angleterre pourrait rester en paix avec lui. »

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Dès son retour à Paris le 20 mars 1815, la première préoccupation de Napoléon est de former un gouvernement. La chose ne va pas de soi : il faut forcer la main à Caulaincourt pour qu'il reprenne les Relations extérieures. Parmi les hommes-clés d'un gouvernement hétérogène figure Joseph Fouché, qui ne croit pas à la survie du régime et prépare déjà l'après-Napoléon.


Napoléon travaille non sans mal à reprendre le contrôle de l'administration. Le corps préfectoral est épuré : l'empereur révoque 61 préfets le 6 avril, mais le reste du personnel administratif ne suit pas.


Il est hors de question de rétablir purement et simplement l'empire autoritaire tel qu'il était jusqu'en 1814. Le pays est maintenant divisé entre royalistes, bonapartistes, jacobins et libéraux. Malgré ses appels au peuple au cours de sa marche vers Paris, Napoléon se méfie des élans révolutionnaires et préfère s'appuyer sur les notables. Il veut infléchir les institutions dans un sens libéral pour rassurer la bourgeoisie libérale, qui craint une reprise de la guerre et s'était accommodée de la Charte octroyée par les Bourbons en 1814. L'empereur met donc en chantier une réforme constitutionnelle, à laquelle on donne le nom d'Acte additionnel aux constitutions de l'Empire, car elle vient modifier sans les abroger les constitutions bonapartistes précédentes. Sa rédaction, avec la collaboration de Benjamin Constant, est achevée le 21 avril 1815, le texte étant publié le 23. Une de ses principales dispositions est le remplacement du Corps législatif et du Sénat par une Chambre des représentants et une Chambre des pairs. Cette publication doit être suivie d'un plébiscite.


Napoléon n'attend pas la tenue de cette consultation pour organiser, par un décret du 30 avril, des élections législatives et des élections municipales dans les communes de moins de 5 000 habitants. La participation au scrutin législatif est faible, et le mode dr scrutin est le suffrage censitaire et à Marseille, exemple souvent cité, seuls 13 électeurs sur 231 inscrits émettent un vote. Les députés qui font leur entrée au Palais Bourbon sont tout sauf acquis à Napoléon : on peut y dénombrer quelque 500 libéraux de diverses tendances, une quarantaine d'anciens révolutionnaires et à peine quelque 80 bonapartistes. Les royalistes se sont tenus à l'écart du scrutin. Les élections municipales sont un camouflet pour Napoléon : de nombreux maires et adjoints, entrés en fonction en 1814 sous la première Restauration et que Napoléon a révoqués, retrouvent leur poste

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Le 31 mai 1815 se tient les discutions du Traité de Vienne*. Autour de la table, la Prusse, la Hollande, l’Autriche et l’Angleterre forment une nouvelle coalition. Sa première décision est de décréter Napoléon 1er hors la loi.

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Les résultats du plébiscite sont décevants : sur 5 millions d'électeurs, 1 550 000 votent oui et environ 5 700 non. La désaffection pour le régime se manifeste ici aussi par le nombre élevé d'abstentions. À l'occasion de la proclamation des résultats du plébiscite, Napoléon organise une cérémonie qu'il veut solennelle, baptisée Champ de mai. Elle se tient au Champ-de-Mars le 1er juin 1815. Y sont conviés les membres de tous les collèges électoraux et les députations de l'armée. Les festivités, tournent au fiasco. Ce qui devait être une journée de communion nationale autour du trône impérial déçoit la plupart des spectateurs, à l'exception des soldats qui acclament leur chef.

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Si l'Est et le Nord-Est sont globalement favorables à Napoléon, le Midi et l'Ouest comptent de nombreux foyers de sympathisants royalistes. Dans la région de Nîmes, le duc d'Angoulême rassemble des volontaires et tente de remonter vers le nord à partir du 26 mars. Les forces royalistes s'emparent de Montélimar* et de Valence*, mais Napoléon envoie contre elles le général Grouchy. Le 8 avril le duc d'Angoulême capitule à La Palud*. Napoléon, qui hésite sur le sort qu'il convient de lui réserver, finit par l'autoriser à quitter la France. Le 16 avril, Marseille, hostile à l'empereur, renonce de mauvais gré à résister. À Bordeaux*, la duchesse d'Angoulême, peut compter sur des volontaires royaux mais, face à l'hostilité des troupes régulières, gagne l'Angleterre. Une agitation se développe en Vendée. Louis de La Rochejaquelein prend la tête de l'insurrection. Le 21 mai Napoléon place le général Lamarque à la tête d'une armée de la Loire forte de quelque 20 000 hommes, dont 10 000 soldats réguliers. Le 4 juin La Rochejacquelein est tué. Les royalistes finissent par rendre les armes à Cholet* le 26 juin, alors que Napoléon a déjà abdiqué.


Le 29 mars 1815 par le décret Napoléon supprime la traite des Noirs sans restriction dans toutes les colonies françaises.

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Dès le 13 mars 1815, les grandes puissances européennes réunies au congrès de Vienne réagissent de manière virulente à la perspective que Napoléon puisse ainsi chasser les Bourbons du trône de France. Par une déclaration commune, les représentants du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, du royaume de France, de l'Empire russe, de l'Autriche, du royaume de Prusse, de l'Espagne, du royaume de Portugal et de la Suède-Norvège font savoir que Napoléon s'est placé hors des relations civiles et sociales et que, comme ennemi et perturbateur du repos du monde, il s'est livré à la vindicte publique.


Napoléon tente d'apaiser leur colère en affirmant qu'il reconnaît le traité de Paris. Il envoie également des émissaires au Tsar Alexandre 1er et à l'empereur d'Autriche François 1er, mais en vain. Les puissances alliées se sont résolues à l'abattre définitivement.


Le 25 mars l'Angleterre, la Russie, l'Autriche et la Prusse concluent un traité d'alliance par lequel ils conviennent que chaque signataire doit lever 150 000 hommes pour mettre Napoléon hors d'état de nuire. D'autres pays rejoignent la coalition au cours des semaines suivantes. L'Angleterre en est le bailleur de fonds à concurrence de 9 millions de livres. Malgré les efforts de Napoléon pour rassurer l'Europe, les alliés présentent une fin de non-recevoir à toutes les offres françaises de négocier.


Dès le mois d’avril 1815, les armées russes repassent le Niémen, celles de la Prusse et de l’Autriche sont en partie sur le pied de paix. La plupart des corps prussiens occupent la rive droite de l’Elbe, et une bonne partie de l’armée autrichienne tient garnison dans le royaume de Naples. Les Anglais doivent rapatrier la moitié de leurs forces depuis l'Amérique, jusqu'alors engagées dans la seconde guerre contre les États-Unis*.


Les armées de la Russie, de l’Autriche, de la Prusse et de l’Angleterre ne pouvaient être complétées chacune à 150 000 hommes , et ne pouvaient être rendues sur les frontières de la France que vers la fin du mois de juillet. L’armée anglaise, renforcée de celle du royaume de Hanovre, ne pouvait compter que 80 000 hommes. Les contingents de Hollande et Belgique, de Nassau, de Danemark, des maisons de Saxe, de Bavière, de Hesse, de Bade et de Wurtemberg devaient se fondre dans les armées des 4 grandes puissances.


Au début du mois de juin, il n’y avait que les armées des généraux Blücher et Wellington qui fussent en mesure de se battre ; elles présentaient une force disponible de 200 000 hommes. Les forces combinées contre la France, d'après les documents officiels.


Conscient de sa dramatique infériorité numérique face aux armées coalisées qui s'apprêtent à ré-envahir la France, Napoléon ne voit d'autre solution que de prendre la tête de l'armée du Nord et de lancer une offensive éclair vers la Belgique où stationnent 2 armées. Il a l'intention de manœuvrer de façon à les affronter séparément. Une fois ces deux armées vaincues, il pense être en position de négocier.


CAMPAGNE DE BELGIQUE (1815)

intro :

Napoléon livra bataille presque sans interruption de 1803 à 1814 et infligea de cuisantes défaites aux monarchies européennes. En 1812, il entreprit d’envahir la Russie. L’issue fut catastrophique. Vaincu tant par l’immensité des distances et de la rigueur du climat que par la supériorité numérique des Russes, il fut contraint d’abandonner son armée et de retourner précipitamment à Paris pour recruter de nouvelles troupes. Russes, Autrichiens, Prussiens et Anglais s’unirent pour marcher sur la France. Dans l’incapacité de contenir l’invasion, l’Empereur se vit forcé d’abdiquer en 1814 et fut exilé sur l’île d’Elbe.


En 1815, il s’échappa et débarqua près de Nice le 15 mars avant de marcher sur Paris, qu’il gagna le 20 mars. Il rassembla 124 000 hommes et fit route vers le nord-est dans l’intention de s’emparer de Bruxelles*. Mais il se heurta à Wellington et Blücher, et ce fut Waterloo…


La bataille de Waterloo, qui, selon Napoléon, ne devait être rien de plus qu’un pique-nique, se solda par une débâcle lourde de conséquences pour les ambitions dynastiques de ce dernier ainsi que pour l’élite de l’armée française.

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4 mois auparavant, celui qui avait été le maître incontesté de l’Europe occidentale s’était échappé de l’île d’Elbe. Ayant appris son retour, les alliés, réunis au Congrès de Vienne, le déclarèrent hors-la-loi et décidèrent d’unir leurs forces pour le renverser.


Au printemps 1815, deux grande armées s’attroupèrent en Belgique, le long de la frontière française. Depuis son quartier général de Bruxelles, le duc de Wellington assurait le commandement de troupes britanniques, hollandaises et belges ainsi que celles de Hanovre et de Brunswick, soit quelque 83 000 hommes. A Liège*, Blücher, un maréchal de 72 ans, rassembla sous son commandement quelque 113 000 hommes dont de nombreux conscrits.


Ayant détaché des unités suffisantes pour assurer la défense de ses frontières, l’Empereur s’empressa de concentrer 124 000 hommes au nord. Il disposait ainsi d’un nombre de soldats inférieur de moitié à celui de ses adversaires. Cependant, ce handicap était moins grave qu’il n’y paraissait étant donné que la plupart étaient des vétérans de l’ancienne Grande Armée.


Resté fidèle à son audace notoire, Napoléon décida de prendre l’initiative et d’attaquer le premier dans l’intention d’ouvrir une brèche dans les armées de Wellington et de Blücher, puis de les mettre en pièces l’une après l’autre. Avant que les alliés n’aient compris ce qui était en train de se produire, les Français envahissaient la Belgique le 15 juin, passaient à gué la Sambre* près de Charleroi* et marchaient sur Bruxelles, à 65 km.

Blücher dépêcha immédiatement 3 corps d’armée à Ligny*, à 15 kilomètre au nord-est de Charleroi, mais il tarda à en informer Wellington. Pendant ce temps, ce dernier concentrait ses troupes dans la région de Mont-Saint-Jean* et de Nivelles*, à mi-chemin de la route qui reliait Bruxelles à Charleroi.


Immédiatement après le déploiement des Prussiens à Ligny, Napoléon décida de diviser son armée, tactique contre laquelle il avait toujours mis en garde ses maréchaux. Il prit le commandement de 63 000 hommes pour contrer Blücher alors que Ney marchait sur Bruxelles.


Le 16 juin, Napoléon refoulait les Prussiens à Ligny. Le lendemain, il commit la première d’une série d’erreurs. Supposant, sans raison valable, que les Prussiens reculaient à l’est, en direction du Rhin*, il ordonna au maréchal Grouchy de prendre 30 000 hommes pour les poursuivre, diminuant ainsi encore plus ses forces : il pouvait faire son deuil de près d’un quart de ses effectifs. Le lendemain, Grouchy dégustait des fraises à la terrasse d’une auberge, à 25 kilomètres de Waterloo, lorsqu’il entendit les premiers coups de canon. Pensant qu’il ne s’agissait que de coups de tonnerre, il ne jugea pas bon de se rendre sur place.


L’Empereur et ce qui demeurait de ses troupes victorieuses rejoignirent Ney, qui était de retour d’un combat sanglant livré le 16 juin à Quatre-Bras*. Ney tenait pour acquis que l’armée anglo-hollandaise défendait ce carrefour stratégique, mais il ne s’était heurté en fait qu’à une avant-garde de 30 000 hommes.


Par ailleurs, Wellington, convaincu que Blücher avait été victorieux à Ligny, eut une mauvaise surprise en recevant un second message de Prusse transmis en retard, l’informant que le vieux maréchal s’était replié à Wavre*, à quelques kilomètres de Bruxelles. Les Prussiens s’étant positionnés derrière lui, au nord-est, Wellington ordonna le repli immédiat sur une position défensive qu’il avait auparavant repérée à Mont-Saint-Jean, près de Waterloo et à seulement 20 kilomètres de Wavre. Il y attendit 2 corps d’armée de Blücher, dont l’arrivée avait été prévue pour le lendemain.


Masqués par un rideau de cavalerie et d’artillerie et également aidés par une averse providentielle, les régiments de Wellington rompirent tout contact avec Ney et se retirèrent en ordre. Tout au long de cette nuit orageuse, ses soldat demeurèrent en position sur un front long de 4 kilomètres s’étendant d’est en ouest, de part et d’autre de la route de Bruxelles-Charleroi. Ils étaient stationnés sur une petite colline recouverte de blé, à proximité de la forêt de Soignes*. Afin de protéger un secteur vulnérable des lignes de son flanc droit, Wellington prit la décision peu orthodoxe d’occuper le château de Hougoumont*, situé 400 mètres devant sa ligne principale, ainsi que les fermes de la Haye-Sainte*, au centre, et de Papelotte*, sur sa gauche.


Convaincu que l’Empereur ne s’exposait pas à une attaque de flanc par les Prussiens revenant de Wavre, Wellington pensa qu’il attaquerait sur sa droite, à moins qu’il ne se dirige vers l’ouest pour marcher sur Bruxelles. Dans l’intention de parer à cette dernière éventualité, le commandant en chef des forces alliées dépêcha 15 000 hommes à Halle. Ces derniers occupèrent la route reliant Mons* à Bruxelles, mais les suppositions de Wellington s’avérèrent non fondées.


Napoléon et ses soldats, trempés jusqu’aux os et couverts de boue, se trouvaient à près d’un kilomètre en direction du sud, vers la Belle-Alliance*, et ignoraient que les Prussiens s’étaient positionnés tout près du flanc droit. A l’aube du dimanche 18 juin, la pluie ayant cessé, l’Empereur avait prévu de livrer 2 attaques de diversion sur les flancs de l’ennemi et d’enchaîner par une charge puissante contre ses positions centrales. La présence de Wellington et d’une imposante armée anglaise inquiétait quelque peu les généraux français qui avaient combattu contre eux en Espagne. Très irrité, Napoléon déclara à Soult, son chef d’état-major : «je vous assure que Wellington est un mauvais général, que les Anglais sont de mauvais soldats et que la bataille sera un pique-nique. »


L’armée française reçut l’ordre d’attaquer à 11 heures. Une demi-heure plus tard, les premiers coups de canon résonnaient pour soutenir le prince Jérôme qui menait une attaque de diversion contre Hougoumont*. Les fantassins hollandais reculèrent vers les forêts et les vergers des environs, mais l’attaque se heurta aux murs défendus par seulement 4 compagnies légères de la brigade de la Garde. Reçus par une fusillade émanant de la barbacane*, les Français se livrèrent à quelques tentatives supplémentaires avec l’aide de renforts. Finalement, la majeure partie du corps du maréchal Reille prit activement part au combat contre Hougoumont.


Wellington pensa tout d’abord qu’il s’agissait de l’assaut prévu contre son aile droite, mais, ayant remarqué que les troupes françaises demeuraient immobiles face à lui, il résista à la tentation d’envoyer des renforts conséquents aux défenseurs de Hougoumont. Sa prudence fut récompensée : même si le château fut le théâtre de combats acharnés tout au long de la journée, ses défenseurs résistèrent et Wellington put affecter ses précieuses troupes de réserve à d’autre endroits.


Napoléon fit immédiatement préparer l’artillerie en vue de l’assaut final et ordonna l’envoi de 80 canons, mais il subit une attaque avant le début même des tirs. Du haut d’une colline, près de Rossomme*, il aperçut au loin une colonne longue de dix kilomètres provenant du nord-est. Il s’interrogea. S’agissait-il de Grouchy ? Non, c’étaient les Prussiens. 4 divisions partirent immédiatement au pas de charge dans le but de parer à cette menace inopinée.


Les canons en batterie, dont 24 étaient des pièces de 12, les bouches à feu du plus gros calibre existant à cette époque, commencèrent à bombarder la colline de Mont-Saint-Jean mais ne provoquèrent pas de dégâts majeurs. Wellington fit en sorte de placer ses hommes sur la contre-pente, hors de la portée des canons.

A 13 h 30, les tambours français battirent pour annoncer la charge. Quatre divisions d’infanterie avancèrent munies de 16 000 baïonnettes reluisantes. Elles gravirent le versant en rangs serrés sous les feux implacables de l’artillerie qui tirait à bout portant. Papelotte tomba, La Haye-Sainte fut encerclée et les cuirassiers français écrasèrent le bataillon Landwehr de Lunebourg*, qui s’était porté au secours des défenseurs de la ferme. Au centre, une unité belge en proie à la panique céda sous la pression. Cependant, avant que les Français n’aient eu le temps de creuser la brèche, le général Thomas Picton leur opposa une brigade de vétérans de la guerre d’Espagne. La brèche demeura ouverte mais la défense résista à l’attaque.


Alors que Napoléon et son état-major de félicitaient de ce qu’ils pensaient être une avancée de leurs positions au centre du plateau, Wellington observait le désordre s’intensifier dans les rangs français lors de son héroïque attaque. Au moment opportun, il lança deux brigades de cavalerie lourde en contre-attaque.


La Household Cavalry*, sous le commandement de l’impétueux Lord Uxbridge, fut la première à charger. A coups de sabres, les cavaliers pénétrèrent au galop dans les rangs des cuirassiers qui tentaient de se rassembler après leur sortie sur La Haye-Sainte, avant de faire de même dans les rangs de l’infanterie.


Ils étaient suivis par l’Union Brigade de Ponsonby, ainsi nommée car elle regroupait les Scots Grey*, les Inniskilling* et les dragons du Roi*. Alors que les Scots Grey venaient épauler les troupes de Picton, le 92ème Régiment les Gordon Highlanders* se lança également à la charge.


Une sorte de démence s’empara de la cavalerie lancée sur les troupes françaises. Bien qu’ayant semé le chaos dans les divisions impeccablement disposées de Marcognet et Dozelot, ils poursuivirent néanmoins la charge. Sourds à tous les appels au rassemblement, les cavaliers anglais prirent les batterie d’assaut et se retrouvèrent au beau milieu des positions française. Epuisés, dans un désordre complet, tentant en vain de faire réagir leurs montures éreintées, les cavaliers de Wellington finirent par se faire encercler avant de succomber sous le nombre.


Au milieu de l’après-midi, alors que l’enfer régnait toujours à Hougoumont, les combats au corps à corps cessèrent. Mais les canons français rouvrirent aussitôt le feu de plus belle. Ses pertes augmentant de façon alarmante, Wellington ordonna à ses troupes de se replier à l’abri de la colline de Mont-Saint-Jean. Pesant que les forces anglo-hollandaises se retiraient, Ney, à qui Napoléon avait imprudemment confié la direction des opérations, lança une sortie audacieuse en vue d’une victoire rapide. Plutôt que d’attendre que son infanterie se regroupe, il envoya 5000 hommes à l’assaut de la colline. Wellington, stupéfait de voir Ney lui livrer bataille sans le concours de l’infanterie ni l’artillerie, organisa ses bataillons en carrés disséminés derrière le versant de la colline.


En arrivant sur la colline de Mont-Saint-Jean, les escadrons français se retrouvèrent face à un spectacle effrayant : vingt carrés protégés par un premier rang d’hommes à genoux munis de baïonnettes étincelantes, eux-mêmes soutenus par deux rangs en position de tir. Les artilleurs anglais n’eurent aucun mal à repousser la première charge française en lui faisant subir de nombreuses pertes avant de se replier au centre des carrés d’infanterie.


Emergeant d’une colonne de fumée tournoyante, les cavaliers fondirent à plusieurs reprises sur les carrés ; à chaque fois ils furent refoulés par des tirs nourris.


Les Prussiens arrivèrent alors que les Anglais subissaient le plus fort de l’attaque, obligeant Napoléon à envoyer des renforts aux quatre divisions chargées de retarder leur progression.


La chaleur de l’après-midi cédait à la fraîcheur du soir lorsque la cavalerie française, épuisée et désormais amputée d’une bonne partie de ses effectifs, commença à s’éloigner des carré inentamés. Napoléon décida de revenir à la charge, aidé de ses réserves de cavalerie, dans la ferme intention d’écraser Wellington avant l’arrivée de Blücher et de ses renforts. Les vaillants soldats français faisaient route vers l’enfer de Mont-Saint-Jean, une fois de plus pour y être repoussés par un feu nourri. Finalement, comprenant qu’il était impuissant sans l’aide de l’infanterie, Ney battit en retraite et rassembla autant de fantassins et d’armes qu’il lui fut possible. Quelques carrés anglais commençait à fléchir, La Haye-Sainte était sur le point de tomber et la brigade d’Ompteda de la légion allemande, qui venait à son aide, fut pratiquement décimée. Les rangs anglais présentaient désormais une brèche inquiétante.


Alors que Wellington déplaçait des unités de réserve de sa droite et de sa gauche vers le centre, Ney demanda à Napoléon des renforts d’infanterie pour asseoir sa considérable avancée. Mais l’Empereur qui employait tous ses efforts pour éviter d’être encerclé par les forces prussiennes, de plus en plus considérables, n’accéda pas à la demande de Ney en dépit des réserve dont il disposait. Napoléon changea d’avis peu après, mais, pour Ney, tout espoir de victoire s’était déjà évanoui. La nuit tombait lorsque l’Empereur, ayant momentanément placé son arrière-garde droite hors de danger, se dirigea à nouveau vers le nord, dans une ultime tentative désespérée de renverser les forces anglo-hollandaises. Cette nouvelle attaque de front fut l’œuvre de la garde impériale, dont les assauts n’avaient jamais échoué auparavant. Napoléon ne garda en réserve que quelques bataillons de la Vielle Garde.


Wellington, désormais soutenu par le corps prussien de Ziethen au niveau de son flanc gauche, se prépara minutieusement à l’assaut, que l’on prévoyait très violent, en disposant ses forces entre Hougoumont et La Haye-Sainte. En proie à une violente canonnade, sa première ligne, forte de 4 rangs, esquiva les tirs autant que possible et se tint en attente. Elle était assistée par la brigade Maitland, qui se tenait camouflée dans un champ de blé.


A la tombée de la nuit, la garde impériale, en uniformes bleus aux épaulettes rouges et buffleteries blanches, fut dirigée par Napoléon lui-même durant un bref moment. Les hommes avancèrent comme à la parade et réalisèrent quelques avancées jusqu’au moment ou ils furent écrasés par les renforts alliés, arrivés sur le champ de bataille au moment le plus critique. 2 régiments français seulement parvinrent jusqu’au plateau. Lorsque les calots de cuir firent leur apparition sur les hauteurs, Wellington s’écria : Maintenant, Maitland, c’est à vous de jouer ! Les soldat s’élancèrent et ouvrirent le feu sur les Français, pris par surprise car ils pensaient avoir anéanti les rangs alliés. Pour la première fois, la garde impérial devait battre en retraite.

La Garde se rassembla au pied de la colline et, avec l’aide de la cavalerie, lança une nouvelle attaque qui fut également repoussée. La panique s’empara de ce qui restait de l’armée de Napoléon. La vieille Garde, répartie en deux carrés pour couvrir la retraite, fut la seule à conserver une discipline de fer. Les vétérans et leurs chefs périrent après avoir refusé de se rendre à plusieurs reprises. Le général Cambronne, l’un des héros du dernier carré, prononça à cette occasion la phases qui le rendit célèbre : La Garde meurt mais ne se rend pas , le concluant par un mot de Cambronne bien senti.


Wellington et Blücher, dont l’arriver tardive avait été déterminante pour l’issue de la bataille, se réunirent à 21 heures à l’auberge qui répondait au nom approprié de la Belle-Alliance. De tous côtés gisaient les victimes de la terrible attaque qui avait coûté la vie de 22 000 hommes parmi les alliés et de quelque 30 000 soldat dans les rangs français.


La débâcle de Napoléon trouve son origine dans une combinaison de plusieurs facteurs : ses troupes étaient mal encadrées ; il avait sous-estimé Wellington ; il était affaibli par la maladie ; il ne s’attendait pas à ce que les Prussiens mettent autant de forces dans la bataille pour secourir les Anglais.


L’ironie de l’histoire veut que les alliés l’aient emporté grâce à une attaque sur les flancs, tactique dans laquelle Napoléon était passé maître et qui lui avait permis de remporter ses plus belles victoires.


La boucle était bouclée. L’ère napoléonienne et l’hégémonie française en Europe touchaient à leur fin. Napoléon abdiqua et fut envoyé en exil à l’île de Sainte-Hélène. L’Empereur laissait la France moins étendue qu’il ne l’avait trouvée. Son échec sonnait, provisoirement, le glas des idées révolutionnaires et ouvrait la voie à la voie à la Restauration.


La bataille de Waterloo eut un fort impact politique et économique. Elle déboucha sur une domination anglaise sur le reste de l’Europe. En outre, de même que Trafalgar lui avait assuré le contrôle des mers, Waterloo ouvrit à l’Angleterre les marchés internationaux. Le traité signé à Paris en 1815 modifia la carte de l’Europe et permit à la Grande-Bretagne d’obtenir le contrôle de Malte*, de Ceylan*, du Cap de Bonne-Espérance* et de l’île Maurice*.

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L'épopée napoléonienne s'achève le 18 juin 1815 à Waterloo, à quelques kilomètres au sud de Bruxelles.

11 mois après son départ pour l'île d'Elbe, où il avait tenu le rôle d'un roi d'opérette.


Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Isabelle Leroy, Le Panorama de la bataille de Waterloo, Luc Pire, 2009 (ISBN 978-2-507-00443-9).


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Personnage du 19ème :

Marie Walewska née Łączyńska : Noble polonaise - François Arago : Astronome, physicien et homme d'État - Louis Daguerre : Peintre et photographe français - Felice Romani (1788-1865) - Étienne Cabet : Député de 1831 à 1834 - Jean Arago (1788-1836) : Militaire français-Général dans l'armée mexicaine- Augustin Fresnel ou Augustin Jean Fresnel : Ingénieur et physicien français - George Gordon Byron dit Lord Byron : 6ème baron Byron-Poète britannique -Justinus Kerner ou Justinus Andreas Christian Kerner : Médecin-poète allemand de Weinsberg - Jean-Marie-Baptiste Vianney dit Le Curé d'Ars : Prêtre catholique - John Cam Hobhouse : Baron Broughton de Broughton de Gyfford-Homme politique et écrivain britannique - Ludwig Uhland : Poète romantique allemand - Le baron Joseph Karl Benedikt von Eichendorff : Poète et romancier allemand - Wilhelm Joseph Ernst Johann Karl Freiherr von Eichendorff : Juriste et poète autrichien - Otto Heinrich Graf von Loeben ou Isidorus Orientalis : Poète allemand du mouvement romantique - Martial Côme Annibal Perpétue Magloire : Comte de Guernon-Ranville-Magistrat et homme politique français-Ministre et député en 1830 - Marguerite Joséphine Wemmer dite Mademoiselle Georges puis Mademoiselle George : Actrice française - Auguste Le Prévost : Géologue, botaniste, philologue, archéologue et historien français-Sous-préfet de Rouen en 1814-Député de l'Eure de 1834 à 1848 - George de Lacy Evans : Député - Guillaume-Isidore Baron de Montbel : Comte de Montbel-Député de 1827 à 1830-Ministre des Affaires ecclésiastiques et de l'Instruction publique-Ministre de l'Intérieur-Minstre des Finances- Márkos Bótzaris - Jacques Chereau dit Chereau le jeune : Dessinateur, graveur à l’eau forte et au burin-Éditeur et marchand d’estampes français - Marceline Desbordes-Valmore : Poétesse- Carl Maria von Weber - Jacques Feuillet : Avocat-Secrétaire général de la préfecture de la Manche de 1830 à 1848 - Friedrich Kuhlau (1786-1832) : Compositeur germano-danois - Friedrich Schneider ou Johann Christian Friedrich Schneider : Compositeur Allemand et organiste pianiste, chef d’orchestre et pédagogue allemand - Sir Henry Rowley Bishop : Compositeur anglais - Peter Joseph Franz Xaver Schnyder von Wartensee : Compositeur suisse et écrivain -

Marie-Emmanuel-Guillaume-Marguerite Théaulon de Lambert (1787-1841)

Auteur dramatique français


Inspecteur des douanes, puis des hôpitaux militaires, il composa sur la naissance du roi de Rome une Ode qui lui valut des gratifications. En 1814, il chanta les Bourbons* et donna la première pièce qu’on ait jouée en leur honneur : Les Clefs de Paris, ou le Dessert d’Henri IV.


En 1815, il rédigea et fit afficher des proclamations en l’honneur de Louis XVIII. Il collabora aux journaux royalistes Le Nain rose*, La Foudre* L’Apollon*.


Il fit représenter, surtout pendant la Restauration*, soit seul, soit avec des collaborateurs, un grand nombre de pièces. On en compte jusqu’à 250. Écrites avec une extrême hâte, la plupart ne sont que des esquisses ; le style laisse souvent à désirer ; mais l’agrément et la gaieté n’y manquent pas, et l’on cite de lui 2 comédies en 5 actes, en vers. L’Artiste ambitieux en 1820 et L’Indiscret en 1825, jouées à l’Odéon*, qui s’élèvent quelquefois jusqu’au vrai comique.


Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia /Portail du théâtre/ Dramaturge français du 19ème siècle


Márk Rózsavölgyi ou Mordechele Rosenthal (1787-1848)

Violoniste


Considéré par les Hongrois comme le père du csárdás*. Il est l'un des derniers compositeurs de Verbunk*, la musique de danse des sergents recruteurs de l’armée autrichienne.


Né dans un village juif aux confins de l’actuelle Slovaquie*, violoniste virtuose, il se déguise en Tzigane* pour attirer l’attention du public.


Sa carrière itinérante se stabilise avec un engagement à l’opéra de Timisoara* (alors en Autriche, actuellement en Roumanie) avant de connaître le succès à Budapest*.


À 35 ans, il reçoit le nom hongrois de Mark Rozsavölgyi en reconnaissance de sa contribution à la musique nationale naissante. D’abord pseudonyme, ce nom deviendra officiel.


Son œuvre est à la fois caractéristique de la musique hongroise, et enracinée dans sa culture d’origine : la musique populaire juive et tzigane.


Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia/ Portail de la musique/ Compositeur hongrois


Alexandre Alexandrovitch Alyabyev ou Alabiev ou Alabieff (1787-1851)

Compositeur Russe

Photo

Issu d'une famille d'ancienne noblesse de Tobolsk* en Sibérie*, fils d'un sénateur, il apprend la musique très jeune. Fin connaisseur des musiques russes orientales et caucasiennes, il compose 7 opéras, plus de 200 romances, des ballets, des vaudevilles et de nombreuses mélodies. Sa romance la plus célèbre est Soloveï* (Le Rossignol), composée sur un poème d'Anton Delvig. Elle fait l'objet de la leçon de chant de l'acte II du Barbier de Séville de Rossini ainsi que d'une paraphrase de Liszt.

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Il s'enrôle dans l'armée en 1812 pendant les guerres napoléoniennes, combat en tant qu'officier jusqu'en 1823 et reçoit deux médailles. Il participa à l'entrée des forces russes dans Dresde* et Paris.

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Il est arrêté en 1825 sous l'accusation d'assassinat après la mort suspecte d'un homme avec lequel il a joué aux cartes pendant toute une nuit,


Bien que la preuve n'était pas concluante, le tsar Nicolas 1er lui ordonna expressément l'exil dans sa ville natale de Tobolsk en Sibérie en 1828.


Libéré en 1831, il a passé quelques années dans le Caucase* puis en 1843, il réside principalement à Moscou chez sa femme, boulevard Novinsky jusqu'à sa mort en 1851.


Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé Alexander Alyabyev/traduit de l’anglais par mes soins et partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en français Alexandre Aleksandrovitch Aliabiev/ Portail de la culture russe/ Portail de la musique classique/ Catégories : Compositeur russe de la période romantique/ Militaire de l'Empire russe dans les guerres napoléoniennes


François Pierre Guillaume Guizot (1787-1874)

Historien

Homme d'État

Ecrivain français


Né à Nîmes d'une famille protestante alors que l'édit de Fontainebleau était toujours en vigueur : l'édit de Versailles rétablissant la tolérance de leur culte et l'état-civil pour les protestants fut promulgué en novembre 1787.


Son père André, avocat distingué, est le fils de Jean Guizot, pasteur au Désert*. En décembre 1786, André Guizot épousa à Nîmes Élisabeth-Sophie Bonicel, née dans une famille originaire du Pont-de-Montvert*. Après François, ils eurent un autre fils, Jean-Jacques.


Durant la Terreur, André Guizot, partisan des Girondins* et accusé de fédéralisme, fut exécuté le 8 avril 1794. Chassés de Nîmes par la Révolution, madame Guizot et son fils partirent pour Genève*, où il fit ses études.


Lorsqu’il arriva à Paris à 18 ans en 1805 pour poursuivre ses études à la faculté de droit, ses talents littéraires, développés par l'éducation de cette époque, lui permirent d'entrer comme tuteur dans la maison de Philipp Albert Stapfer, ancien ministre de Suisse à Paris. Il se mit bientôt à écrire dans un journal édité par Jean Baptiste Antoine Suard, le Publiciste, ce qui l’introduisit dans le milieu littéraire parisien.


Il publia en 1809 un nouveau Dictionnaire des Synonymes français et en octobre 1809, à 22 ans, sa critique sur Les Martyrs de François-René de Chateaubriand reçut l’approbation et les remerciements de l’auteur et il continua à contribuer à des périodiques.


Ces écrits le firent remarquer par Louis de Fontanes, grand maître de l’Université, qui lui octroya la chaire d’histoire moderne à la Sorbonne en 1812 il y avait été auparavant professeur adjoint du 11 avril au 25 juillet 1812.

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Chez Suard, il fit la connaissance de Pauline de Meulan, une femme de 14 ans son aînée, noble et libérale de l’Ancien Régime, contrainte par les épreuves de la Révolution de gagner sa vie dans la littérature et engagée pour la rédaction d’une série d’articles dans le Publiciste. Ces contributions furent interrompues par sa maladie, mais immédiatement reprises par un rédacteur inconnu. On découvrit que c’était François Guizot qui la remplaçait. Cette collaboration se transforma en amitié, puis en amour et, en 1812, mademoiselle de Meulan, autrice de nombreux travaux sur l’éducation, épousa le jeune homme qui le seconda dans quelques-uns de ses travaux, par exemple les Vies des poètes français du siècle de Louis XIV en 1813, la traduction de l'Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain de Gibbon. Il la perdit en 1827, et épousa l'année suivante Mlle Elisa Dillon, qu'il perdit en 1833, et dont il avait eu une fille Mme Cornélis de Witt et un fils Guillaume Guizot. À partir de 1836, Guizot connut en outre une relation avec l'élégante Dorothea von Benckendorff, princesse de Lieven, originaire de Riga

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Il devint en 1813 suppléant, puis titulaire de la chaire d'histoire moderne à la Sorbonne*, et, à la chute du premier Empire, entra dans la vie politique comme secrétaire général du ministre de l'intérieur*, l'abbé de Montesquiou, et comme membre du Comité de censure; suivit Louis XVIII à Gand* pendant les Cent jours*; se posa sous la seconde Restauration comme royaliste constitutionnel, et fut, avec Royer-Collard, l'un des principaux représentants de l'école doctrinaire*. Il publia diverses brochures politiques* (du Gouvernement représentatif, 1816; des Moyens de gouvernement et d'opposition dans l'état actuel de la France, 1821; de la Peine de mort en matière politique, 1822, etc.) Après avoir été, sous les ministres Barbé-Marhois et Decazes, secrétaire général du ministère de la justice, maître des requêtes*, conseiller d'État*, directeur général de l'administration départementale et communale, il perdit ses places politiques au moment de la réaction qui suivit l'assassinat du duc de Berri lors du ministère de Villèle en décembre 1821, et remonta dans sa chaire de la Sorbonne; le libéralisme d'opinions qu'il professait, et dont témoigne la reproduction d'une partie de ses leçons faite sous le titre d'Histoire du gouvernement représentatif en 1822, fit fermer son cours en 1825.


La renommée de Guizot reposait sur ses qualités d’écrivain sur les affaires publiques et de conférencier sur l’histoire moderne. Ce n'est qu'à l'âge de 43 ans qu’il montra ses talents d’orateur. En janvier 1830, il fut élu député de Lisieux, siège qu’il conserva durant toute sa vie politique. Guizot assuma immédiatement une position importante à l’Assemblée, et son premier discours fut pour défendre la célèbre adresse des 221, en réponse au discours menaçant du trône, qui fut suivi par la dissolution de la chambre et fut un évènement précurseur d’une autre révolution. À son retour de Nîmes le 27 juillet, la chute de Charles X était imminente. Guizot fut appelé par ses amis Casimir Perier, Jacques Laffitte, Villemain et Dupin pour établir la protestation des députés libéraux contre les ordonnances de Saint-Cloud du 25 juillet*. Il s’appliqua avec eux à en contrôler le caractère révolutionnaire. Guizot était convaincu que c’était une malchance pour un gouvernement parlementaire en France et que l'intransigeance de Charles X et du prince de Polignac rendaient un changement de ligne héréditaire inévitable. Il devint néanmoins l'un des plus ardents soutiens de Louis-Philippe 1er. En août 1830, Guizot fut nommé ministre de l’Intérieur dans le Ministère provisoire puis reconduit dans le ministère suivant, mais à la suite des émeutes républicaines à Paris, il démissionna en février. Il avait maintenant rejoint les bancs du parti de la résistance, et pendant les 18années suivantes il fut un ennemi déterminé de la démocratie universelle et du suffrage direct, l’inflexible champion de la monarchie limitée par un nombre limité de bourgeois ..

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Le ministère Martignac rendit à Guizot sa place au conseil d'État à côté de Villemain et Cousin. C'est alors qu'il publia ses plus importants travaux historiques et littéraires* (Édition des Oeuvres de Rollin, 1821; révision de la Traduction de Shakespeare de Letourneur, 1821; Essai sur l'histoire de France, 1823; Collection des Mémoires relatifs à la révolution d'Angleterre, 26 vol. in-8, 1823 et suiv.; Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France; 31 vol. in-8, 1823 et suiv.; Histoire de la Révolution d'Angleterre depuis Charles Ier jusqu'à Charles II, 2 vol. in-8, 1827; Histoire de la Civilisation en Europe et de la Civilisation en France, 5 vol. in-8, 1828-1830). En même temps il collaborait à divers recueils (le Globe, etc.), dirigeait l'Encyclopédie progressive et fondait la Revue française en 1828.


Envoyé en janvier 1830 à la Chambre des députés par les électeurs de Lisieux*, qui depuis lui renouvelèrent leur mandat, Guizot combattit vivement le ministère Polignac; signa l'adresse des 221*; rédigea, le 27 juillet, la protestation des députés contre les ordonnances*, et, le lendemain, la proclamation par laquelle la Chambre appelait le duc d'Orléans à la lieutenance générale du royaume*; devint ministre de l'intérieur* dans le premier cabinet formé par le roi Louis-Philippe; s'efforça, d'accord avec le duc de Broglie et le comte Molé, de faire prévaloir la politique du parti constitutionnel* ou du juste-milieu contre le parti légitimiste et le parti républicain ou démocratique; essaya vainement de satisfaire la gauche par des projets de lois libéraux, comme celui qui déférait au jury les délits de presse et les délits politiques, mais aima mieux quitter le ministère que de faire partie d'un cabinet tendances plus avancées, présidé par Laffitte en novembre 1830. Il appuya de sa parole et de son autorité le ministère Casimir Périer en mars 1831-mai 1832 et entra, comme ministre de l'instruction publique, dans le cabinet du 11 octobre 1832, où il était le collègue du maréchal Soult, du duc de Broglie et de Thiers, et où il marqua la trace de son passage par le rétablissement de l'Académie des sciences morales et politiques* au sein de l'institut et par l'organisation de l'instruction primaire* (loi du 28 juin 1833). (voir si texte de loi)


Il joue aussi un rôle important dans l'histoire de l'école en France, en tant que ministre de l'Instruction publique, par la loi de 1833, demandant la création d'une école primaire par commune et d'une école normale primaire par département.

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Membre de l'Académie française à partir de 1836, plusieurs fois ministre sous la monarchie de Juillet, en particulier des Affaires étrangères de 1840 à 1848 et président du Conseil en 1847, avant d'être renversé par la révolution française de 1848.

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Après la dissolution du ministère le 22 février 1836 et quelques mois de retraite et de silence, Guizot rentra comme ministre de l'instruction publique dans le premier ministère Molé le 6 octobre 1836 : il ne fit pas partie du second ministère Molé du 15 avril 1837, lui fit une vive opposition, et le renversa le 31 mars 1839 en s'unissant avec Thiers, Berryer, Odilon Barrot dans une coalition qui lui a été fort reprochée. Sous le ministère Soult il fut appelé à l'ambassade de Londres le 9 février 1840et il fut reçu avec honneur par la reine Victoria et par la société londonienne. Ses travaux littéraires étaient très estimés, sa personne respectée, et la France représentée à l’étranger par l’un de ses principaux orateurs. Il était réputé être versé dans l’histoire britannique et la littérature anglaise, et sincèrement attaché à l’alliance des deux nations et à la cause de la paix. Comme il le remarqua lui-même, il était étranger au Royaume-Uni et novice en diplomatie ; l’état de confusion de la question syrienne, où le gouvernement français s’était démarqué de la politique commune de l’Europe, et peut-être l’absence totale de confiance entre l’ambassadeur et le ministre des Affaires étrangères, le plaça dans une position embarrassante et fausse. Les avertissements qu’il transmit à Thiers n’étaient pas crus. Le traité du 15 juillet, ayant pour but de mettre fin à la 2ème Guerre égypto-ottomane, est signé sans qu'il en fût avisé et exécuté contre son avis, une mise à l'écart jugée humiliante par les Français. Pendant quelques semaines, l’Europe sembla être au bord de la guerre, jusqu’à ce que le roi mît fin à la crise en refusant son consentement aux préparatifs de Thiers et en rappelant Guizot de Londres pour former un ministère et pour aider sa Majesté dans ce qu’il appelait ma lutte tenace contre l’anarchie. Poste où il fut maintenu par le ministère Thiers le 1er mars 1840, mais où il se trouva en dissentiment d'opinions avec le président du Conseil, et ne put empêcher le traité du 14 juillet signé sans la France par l'Angleterre, la Russie, l'Autriche et la Prusse. Le 29 octobre 1840, il entra comme ministre des affaires étrangères dans un cabinet qui dura 8 ans, mais fut le dernier de la royauté de Juillet*, et que signalèrent particulièrement :



Ainsi commença, dans des circonstances sombres et défavorables, le 29 octobre 1840, le gouvernement dont Guizot demeura la véritable tête pensante pendant près de huit ans, dans l’ombre du président du Conseil, le maréchal Soult. Son premier souci fut de maintenir la paix et de restaurer les relations amicales avec les autres puissances européennes. Il réussit à calmer les éléments agités et à panser les blessures d’amour-propre de la France grâce surtout au courage indomptable et à la splendide éloquence avec laquelle il affrontait l’opposition, ce qui fit dire à Victor Cousin, ministre du gouvernement Thiers : Guizot excelle dans l’art de faire des reculades majestueuses. Dans le même temps, il réunifia et renforça le parti conservateur, qui sentait la présence d'un grand chef à sa tête, appelant à l’épargne et à la prudence de la nation plutôt qu’à la vanité et à l’ambition. Dans sa tâche pacificatrice, il fut heureusement secondé par le gouvernement de Sir Robert Peel au Royaume-Uni à l’automne 1841.

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Avec le gouvernement Palmerston, Guizot sentait dans chaque agent britannique de par le monde un adversaire amer et actif ; de sa grande combativité résultait un conflit perpétuel et des contre-intrigues. Lord Palmerston écrivit que la guerre entre le Royaume-Uni et la France était, tôt ou tard, inévitable. Guizot pensait qu’une telle guerre serait une calamité des plus grandes et ne l’envisagea jamais. En Lord Aberdeen, secrétaire aux Affaires étrangères de Sir Robert Peel, Guizot trouva un ami et un allié sympathique. Leur rencontre à Londres avait été courte, mais elle se transforma rapidement en respect mutuel et en confiance.


Tous deux étaient hommes de grands principes et d’honneur ; le presbytérianisme écossais qui avait moulé la foi d’Aberdeen se retrouvait chez le ministre huguenot de la France ; tous deux étaient des hommes aux goûts simples, cherchant le perfectionnement du système scolaire et la culture ; tous deux avaient une profonde aversion pour la guerre et se sentaient peu qualifiés pour mener ce genre d'opérations aventureuses qui enflammaient l’imagination de leurs opposants respectifs.


Du point de vue de Lord Palmerston et de Thiers, leur politique était mesquine et pitoyable ; mais c’était une politique qui assurait la paix dans le monde et unifiait les deux grandes nations libres de l’Ouest de l’Europe dans ce qu’on appelle l’Entente cordiale. Aucun des deux ne se serait abaissé à saisir un avantage aux dépens de l’autre ; ils maintenaient cet intérêt commun pour la paix comme primordial ; et quand des différences surgissaient, dans des parties éloignées du monde* (à Tahiti avec l'affaire Pritchard, au Maroc, sur la Côte de l'Or, actuel Ghana), ils les résolvaient en les ramenant à leur insignifiance. L’opposition dénonçait la politique étrangère de Guizot comme bassement servile envers le Royaume-Uni.

En 1845, les troupes britanniques et françaises combattirent côte à côte au début du blocus anglo-français du Río de la Plata*. La même année, Guizot signa avec la Belgique un traité remplaçant l'Union douanière qui liait jusque-là les deux pays par des tarifs mutuels. Il expulsa de Paris Marx, qui dut se réfugier à Bruxelles.

La chute du gouvernement Peel en 1846 modifia le climat des relations ; et le retour de Palmerston aux affaires étrangères conduisit Guizot à penser qu’il était à nouveau exposé à la rivalité du cabinet britannique. Une entente amicale avait été établie à Eu* entre les deux cours au sujet du mariage de la jeune reine en Espagne, mais le langage de Lord Palmerston et la conduite de Sir Henry Bulwer (futur Lord Dalling) à Madrid laissait penser à Guizot que cette entente était rompue, et qu’il était prévu de mettre un Saxe-Cobourg sur le trône espagnol.


Déterminé à résister à une telle intrigue, Guizot et le Roi plongèrent la tête la première dans une contre-intrigue, complètement contraire à leur engagement avec le Royaume-Uni, et fatal au bonheur de la reine d’Espagne. Par leur influence, elle fut poussée à se marier avec un rejeton de la maison des Bourbon, et sa sœur mariée au plus jeune fils du roi des français, en violation des promesses de Louis-Philippe. Bien que cette action se soit réalisée à une époque de triomphe de la politique française, elle fut en vérité fatale à la monarchie d'autant qu'elle discrédita le ministre. Ce fut réalisé avec un mélange de secret et de violence, masqué par un subterfuge. Son effet immédiat fut la rupture de l’alliance franco-britannique, jetant Guizot dans une coopération plus étroite avec Metternich et les cours du Nord de l’Europe.


En 1847 il devint président du Conseil.

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L’histoire du gouvernement Guizot, le plus long et le dernier de la monarchie de Juillet, porte l'empreinte des grandes qualités et défauts du caractère politique de son initiateur et maître à penser. Son premier objectif fut de réunifier et de discipliner le parti conservateur qui avait été divisé par les dissensions et les changements de ministère. Il y parvint pleinement grâce à son courage et à son éloquence qui firent de lui le chef de file au parlement, ainsi que par le recours à tous les moyens d’influence que la France donne à un ministre dominant.


Sa philosophie politique reposait indéniablement sur l’élargissement du pouvoir aux Français les plus méritants, lesquels, à son sens, se trouvaient majoritairement au sein de la classe moyenne, ainsi que l’atteste le discours qu’il prononça le 3 mai 1837 devant la Chambre des députés.


Il dénonça en outre l’idée selon laquelle la démocratie était incontestablement, par sa nature même, le régime politique idéal, arguant, le 5 mai 1837 devant la Chambre, que ce qui a souvent perdu la démocratie, c’est qu’elle n’a su admettre aucune organisation hiérarchique de la société, c’est que la liberté ne lui a pas suffi ; elle a voulu le nivellement. Voilà pourquoi, ajoute-t-il, je suis de ceux qui combattront le nivellement sous quelque forme qu’il se présente, car tout le monde n’est pas capable de s’élever.


Son éloquence parlementaire était brusque, austère, démonstrative et impérieuse. Sans persuasion ni humour, rarement ornée, elle condensait en quelques mots avec la force d’une autorité suprême. Guizot était plus à l'aise et énergique comme orateur ministériel défendant ses positions que comme tribun de l’opposition. Il était le type d'autorité que les charges, l’esprit, la gaîté, l’ironie et les discours de ses adversaires laissaient de marbre. Il n’était pas non plus un fin tacticien du jeu parlementaire capable de changer le cours d'une bataille par de brusques interventions en cours de débat. Sa confiance en lui-même et dans la majorité du Parlement, qu’il avait façonnée selon sa volonté, était illimitée et ce long exercice du pouvoir lui fit oublier que dans un pays comme la France, il y avait, hors du Parlement élu par un petit corps électoral, un peuple devant lequel le ministre et le roi lui-même devaient répondre de leurs actes.


Un gouvernement fondé sur le principe de résistance et de répression et marqué par la méfiance et la crainte du pouvoir populaire, un système diplomatique qui cherche à raviver les traditions de l’Ancien Régime, un souverain qui dépasse largement les bornes de ses pouvoirs constitutionnels et les accroît chaque année, un ministre qui, bien qu’éloigné de la servilité d’un courtisan, était trop obséquieux envers le roi, singulièrement en désaccord avec les promesses de la révolution de Juillet, limitait la politique de l’administration. Les vues de Guizot sur la politique étaient essentiellement historiques et philosophiques. Ses goûts et ses compétences lui donnaient peu de perspicacité dans l’administration du gouvernement. Il ne connaissait rien aux finances ; les affaires et le commerce lui étaient étrangers ; il était peu familier des affaires militaires et navales ; tous ces sujets étaient traités par l’intermédiaire de ses amis Pierre Sylvain Dumon, Charles Marie Tanneguy, comte Duchâtel ou le maréchal Bugeaud. La conséquence en fut le peu de mesures conduisant à des améliorations menées par son administration. Son gouvernement prêta encore moins l’oreille à sa demande de réforme du Parlement.

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En 1847, Guizot refusa à nouveau des réformes électorales à l’opposition qui menait alors la campagne des banquets, que Guizot tenta d’interdire.


L'agitation créée par les Banquets réformistes amenèrent des troubles qui aboutirent à la révolution du 24 février*.

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L’après-midi du 23 février 1848, le roi convoqua son ministre, qui siégeait à la Chambre, pour l’informer de la situation à Paris et dans le pays. Les banquets poussaient à la réforme et les opinions divisées, mais passionnées, au sein de la famille royale conduisaient le roi à douter du maintien de Guizot au ministère. Ce doute, répondit Guizot, fut décisif. Il démissionna instantanément, ne retournant à la Chambre que pour annoncer que le gouvernement était dissous et que Molé avait été appelé par le roi. Molé échoua à former un gouvernement et, entre minuit et une heure du matin, Guizot, qui à son habitude s’était couché tôt, fut de nouveau appelé aux Tuileries. Le roi lui demandant conseil, Guizot répondit : Nous ne sommes plus les ministres de Sa Majesté, c'est à d'autres de décider du cap à suivre. Mais une chose est évidente : la révolte de la rue doit être stoppée ; ces barricades prises ; et pour ce travail il me semble que le maréchal Bugeaud doit être investi des pleins pouvoirs, et ordonner de prendre les mesures militaires, et comme votre Majesté n’a pas de ministère en ce moment, je suis prêt à rédiger et à contre-signer un tel ordre. Le maréchal, qui était présent, assuma la tâche, disant « Je n’ai encore jamais été battu, et je ne le serai pas demain. Les barricades doivent être prises avant l’aube. Devant cette manifestation d’énergie, le roi hésita et ajouta bientôt : Je dois vous prévenir que Monsieur Thiers et ses amis sont dans la pièce à côté en train de former un gouvernement !. Guizot répliqua : Alors c’est leur rôle de prendre les dispositions qui conviennent et il quitta les lieux. Thiers et Barrot décidèrent de retirer les troupes.

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Peu de temps après, Guizot s’échappa à travers la Belgique et de là à Londres, où il arriva le 3 mars. Sa mère et ses filles l’avaient précédé et il fut rapidement installé dans une modeste maison de Pelham Crescent à Brompton*. Le roi et Guizot se rencontrèrent à nouveau à Claremont House* en Angleterre il y demeura jusqu'à sa mort en septembre 1874 presque entièrement étranger à la politique active, tout entier à ses études et aux affaires, soit de la communion protestante à laquelle il appartenait, soit des trois Académies dont il faisait partie* (Académie française, des sciences morales et politiques, des inscriptions et belles-lettres). Dans cette dernière période de sa vie il publia : de la Démocratie en France en 1849, Pourquoi la Révolution d'Angleterre a-t-elle réussi en 1850; Nos mécomptes et nos espérances en 1855. Eglise et la société chrétienne (1861); Méditations et études morales (1851); Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps, 7 vol. in-8 (1858-64); Discours académiques (1861); Histoire parlementaire de France (4 vol., 1863); Méditations sur l'essence de la religion chrétienne (1864); Histoire de France racontée à mes petits-enfants (5 vol. in-8, 1869 et suiv. Le 5e est de Mme de Witt). A ces divers ouvrages il faut enjoindre un autre qu'il publia pendant son dernier ministère : Vie, correspondance et écrits de Washington (6 vol. in-8, 1839-40). Guizot laissa un grand nom comme publiciste, comme professeur et comme orateur parlementaire; et, s'il a été très contesté comme homme d'Etat, son caractère privé a toujours été entouré de respect.


Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Bouillet/Imago Mundi/ Guizot François Pierre Guillaume et partiellement ou en totalité issu du texte de Vincent Chai, « Les Satisfaits » Guizot et sa majorité à la Chambre des députés 1846-1848, Presses universitaires du Septentrion, 2021.